RDCongo: la Gécamines se défend des accusations de malversations

RDCongo: la Gécamines se défend des accusations de malversations

La Gécamines a rendu public mercredi 28 novembre un rapport intitulé « La vérité sur les mensonges des ONG en République démocratique du Congo – Ou comment, sous couvert de morale, on voudrait priver le pays de sa souveraineté sur ses matières premières ».

Selon la société minière publique congolaise, il s’agit de répondre à « Global Witness, Carter Center et, plus récemment, Enough Project ».

Dans ce rapport, la Gécamines conteste « le caractère prétendument non transparent de ses finances » et que « des centaines de millions de dollars » aient disparu de ses comptes entre 2011 et 2014, tout comme le fait que des actifs lui appartenant aient été vendus à un prix sous-évalué.

« Au dollar près »

La société publique indique que ses comptes sont contrôlés chaque année « par des auditeurs externes internationaux » et communiqués à l’ITIE (Initiative pour la transparence des industries extractives). « L’intégralité des sommes prétendument absentes des comptes de Gécamines pour les exercices 2011-2014 y figure bien, au dollar près ».

La Gécamines ajoute que les montants qu’elle a perçus pour la vente d’actifs (opérations ERG, CNMC et TFM) en 2016 « figurent bien dans le rapport ITIE 2016 et les montant perçus au cours de l’exercice 2017 seront certainement publiés par l’ITIE dans son prochain rapport ». Elle assure que ces actifs « ont été cédés à leur valeur de marché, telle qu’évaluée par des banques d’affaires internationalement reconnues ».

Le rapport affirme aussi que la Gécamines « a versé 372 millions de dollars à l’Etat » et non « 75 millions » comme l’affirment ses détracteurs.

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La faute des partenaires de développement

La Gécamines attaque à son tour, accusant « les bons conseils des « partenaires de développement » » d’avoir abouti au dépeçage d' »un fleuron de l’industrie minière africaine », et cela « au profit de groupes miniers étrangers ». Usant d’un raccourci audacieux, la Gécamines affirme que « c’est ainsi que plus de 33 millions de tonnes de cuivre ont été transférés aux partenaires étrangers, en ne laissant que 400.000 tonnes à la Gécamines ».

Et de contester que la société publique ne prenne pas en compte les « intérêts nationaux » lorsqu’elle réclame de grosses sommes pour accepter la vente d’actifs par ses partenaires « alors même que ces bras de fer ont systématiquement permis de faire valoir les droits de la RDC et de Gécamines, avec finalement de très bons résultats comme les dossiers TFM ou Glencore, unanimentment salués ».

La société publique congolaise affirme ainsi s’inscrire dans la politique des « pays en voie de développement qui ont fait le choix légitime de se réapproprier leurs ressources naturelles et d’imposer un meilleur partage des revenus entre les investisseurs et les pays hôtes, qui ne demandent qu’à augmenter leurs ressources propre pour conduire leur politique de développement et réduire leur dépendance à l’aide étrangère conditionnelle ».

On trouvera le rapport à l’adresse www.gecamines.cd/rapport.html

Où sont passés les millions de la Gécamines?

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