RDCongo: Shadary hué à Kinshasa tente sa chance à Lubumbashi

RDCongo: Shadary hué à Kinshasa tente sa chance à Lubumbashi

Par Marie-France Cros.

Le matraquage en faveur du candidat kabiliste à la présidentielle du 23 décembre, Emmanuel Ramazani Shadary, n’est pas (encore?) parvenu à renverser la vapeur dans la capitale congolaise, acquise à l’opposition. Il va donc, ce lundi, tenter sa chance à Lubumbashi, dans un bastion acquis aux dissidents de la Majorité présidentielle.

Samedi 24 novembre, des célébrations ont été prononcées dans différents lieux de culte de la capitale (catholique, protestant, anglican, orthodoxe,musulman, kimbanguiste, du réveil), à la demande du candidat Sahadary, qui se présente comme fervent catholique, même s’il est l’objet de sanctions internationales pour son rôle dans de graves violations des droits de l’homme au Congo. Il a voulu ainsi « confier à Dieu » sa candidature à la présidentielle du 23 décembre.

 

Hué au stade des Martyrs

 

Le lendemain, dimanche, le grand stade des Martyrs accueillait la messe de prise de possession canonique de l’archevêque métropolitain de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo, qui remplace Mgr Monsengwo, admis à la retraite. Y participaient plusieurs personnalités politiques.

 

Une immense ovation a salué l’entrée de Martin Fayulu, candidat unique de l’opposition à la Présidence, jusqu’à ce que Felix Tshisekedi et Vital Kamerhe trahissent leur promesse de le soutenir. Freddy Matungulu, qui respecte cette promesse, et Adolphe Muzito, non admis à se présenter à la présidentielle, ont également été ovationnés. En revanche, la foule (écouter notre vidéo) a hué Emmanuel Ramazani Shadary, lui demandant de quitter le stade.

 Video: Fayulu ovationné à son arrivée au stade des Martyrs.

« Complot » anti-Sahadary?

 

M. Shadary s’est ensuite rendu lundi à Lubumbashi. Il devait normalement  s’y rendre jeudi  dernier, pour y « lancer sa campagne » – bien qu’en réalité il semble être en campagne depuis plusieurs semaines déjà, avec plusieurs déplacements en province largement couverts par la télévision nationale – mais avait annulé cette visite. Le maire de Lubumbashi avait évoqué un « complot visant à assassiner » le candidat kabiliste pour expliquer le report de son arrivée au Haut-Katanga.

 

Plus question de complot ce lundi. Le personnel de la Gécamines, entreprise minière nationale, celui des entreprises publiques, du marché, de l’administration publique, des magasins, etc, a été prié d’aller acclamer M. Shadary pendant son meeting à … la Kenya. Ce quartier populaire de Lubumbashi est le berceau et le fief de Gabriel Kyungu, ancien gouverneur du Grand Katanga, qui s’était allié début 2015 avec Moïse Katumbi, alors gouverneur de cette province non encore démembrée, pour exprimer son désaccord avec le projet de Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir après la fin de son dernier mandat légal, survenue en décembre 2016. Cela avait fait de ces deux hommes jusque là membres de la Majorité présidentielle des cibles des attaques du régime.

 

Balles en caoutchouc

 

M. Shadary a été précédé à Lubumbashi, depuis le week-end, par Zoé Kabila, jeune frère du Président hors mandat, mais aussi Lambert Mende, ministre de la Communication, et Alexis Thambwé, ministre de la Justice. Bien que ministres, ces deux derniers font en effet partie de l’équipe de campagne de M. Shadari – aux mêmes postes qu’au gouvernement – bien que la Constitution l’interdise (article 97).

 

Avant le début du meeting du candidat kabiliste, la situation était tendue dans la commune populaire de la Ruashi, où la population manifestait pour obtenir le rétablissement du courant électrique. La police a tiré des balles en caoutchouc, selon les informations de La Libre Afrique.

Une importante sécurité militaire accompagnait le candidat Shadary

 

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