Ticket Tshisekedi-Kamerhe, Shadary encore un peu plus seul

Ticket Tshisekedi-Kamerhe, Shadary encore un peu plus seul

Cap pour le changement. Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe ont (de nouveau) signé un accord électoral. Cette fois, cette signature ne concerne qu’eux.

Dans cet accord, qui tient en deux pages, les deux hommes justifient leur alliance dans « le but de stopper la coalition au pouvoir qui ne cesse de multiplier les stratagèmes pour se maintenir par défi en violation de la Constitution et de l’Accord de la Cenco ».

Dans le reste de l’accord, le duo explique comment il se partage les postes. Vital Kamerhe confirmant qu’il se retire de la course à la présidentielle au profit de Félix Tshisekedi. Le patron de l’UDPS sera donc le candidat président de Cap pour le Changement, tandis que Vital Kamerhe sera son candidat Premier ministre et son directeur national de campagne.

Comme en 2011

Un scénario qui aboutit plus de sept ans après avoir été évoqué pour la première fois.  En 2011, Vital Kamerhe et Etienne Tshisekedi avaient négocié le même partenariat sans jamais parvenir à s’engager par écrit. Finalement, les fiançailles n’avaient pas abouti et les deux hommes s’étaient rejetés réciproquement l’échec de cet échec qui avait permis à Kabila de s’imposer aux termes d’un scrutin entaché de nombreuses irrégularités.

Cette fois, Félix Tshisekedi et Vial Kamerhe sont parvenus à un accord signé (à Genève aussi).

Tshisekedi renforcé, Shadary amoindri, Fayulu statu quo

Le nouveau partenariat, attendu depuis le 12 novembre, ne rebat pas complètement les cartes, loin de là. Les fiefs électoraux des deux candidats n’impactent guère ceux du candidat unique de la plateforme Lamuka Martin Fayulu, qui reste en position de force.

Dans un pays où le vote est largement ethnique, l’ouest du pays (Equateur, Bandundu Province orientale et Bas Congo) reste dans l’escarcelle de Fayulu (avec l’appoint décisif de Bemba mais aussi de Muzito, Matungulu, Kamitatu ou encore notamment Endundo).

A l’est, au Katanga, il peut compter sur l’autre poids lourd de cet attelage : Moïse Katumbi, soutenu par Gabriel Kyungu Wa Kumwanza. Le populaire ex-gouverneur du Katanga, qui trônait en tête des sondages avant d’être éliminé de la course à la présidence par des décisions « étranges » (qualifiées de mascarade par les évêques congolais) de la justice congolaise amènera d’ailleurs son lot de voix à travers tout le pays, tandis que Antipas Mbusa Nyamwesi, lui, apportera les voix des Nande du Nord-Kivu.

Le duo Tshisekedi-Kamerhe fera lui le plein aux Kasaïs et dans le sud-Kivu. La capitale Kinshasa étant, elle, largement fractionnée entre ces deux plateformes.

Le candidat du FCC, dauphin de Kabila, lui, doit se contenter des miettes dans le Maniema, la plus petite province de la RDC.

Ne dites pas à ma mère que je suis au FCC !

Au FCC, plateforme du pouvoir en place, on multiplie les gestes pour tenter d’asseoir la candidature d’Emmanuel  Ramazani Shadary. Kabila lui-même était de sortie jeudi pour « booster » cette candidature qui ne fait toujours pas l’unanimité au sein de la famille présidentielle. Les candidats rechignent même à apparaîtrre sur les affiches avec le candidat-président quand certains ont carrément gommé tout signe d’appartenance à la famille présidentielle. Même parmi les actuels ministres en fonction, certains PPRD ont préféré choisir la « sobriété » sur leurs affiches de campagne, se contentant d’afficher leur numéro sur la liste électorale, leur nom et leur slogan. Pas la moindre mention du FCC.

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