Soufis, sucreries et jouets: les musulmans célèbrent la naissance du prophète Mahomet

Soufis, sucreries et jouets: les musulmans célèbrent la naissance du prophète Mahomet

Au Kurdistan irakien, les soufis dansent en secouant leurs longues tignasses au rythme des percussions, en Libye, les enfants reçoivent de nouveaux jouets tandis que les Egyptiens s’échangent nougats et sucreries: à l’unisson, les musulmans du monde célèbrent la naissance du prophète Mahomet.

Les yeux fardés de khôl, comme le recommande la tradition prophétique, parés de leurs plus beaux habits pour fêter l’événement, de Rabat à Sanaa et de Benghazi à Bagdad, les sunnites commémorent le « Mawlid nabaoui » mardi, près de 1450 ans après la naissance de Mahomet à La Mecque.

Depuis lundi soir à Benghazi, la grande ville de l’est libyen, sous des guirlandes de lampions colorés, les enfants s’égayent, habits neufs et jouets lumineux ou aux couleurs criardes en main.

Alors que les bâtiments portent encore les stigmates des combats et autres violences qui n’ont cessé d’ensanglanter le pays depuis 2011 et la chute du dictateur Mouammar Khadafi, pour eux, cette fête musulmane –que les chiites célèbreront dimanche– est un rare moment de répit au milieu du chaos.

En Egypte, comme chaque année, on s’enorgueillit d’une tradition nationale: la « poupée du Mawlid » en pâte de sucre façonnée dans un moule en bois.

Exposées au milieu de pyramides de friandises, ces « poupées » doivent, selon la coutume, être offertes par les jeunes fiancés à leurs promises en même temps que les sucreries traditionnelles.

Dans le nord kurde de l’Irak, c’est une autre pratique qui est célébrée, soufie celle-ci. En tenue traditionnelle kurde –une combinaison bouffante maintenue à la taille par un foulard–, des dizaines de soufis se retrouvent pour une prière collective suivie de séances de « dhikr »(invocations divines).

En rang ou en cercle, ils balancent leur longue chevelure lâchée au rythme des son des percussions à peau, des récitations et autres prières d’adoration.

Au Pakistan, les mosquées avaient été illuminées et décorées pour le Mawlid nabaoui, dont la date varie chaque année car il est célébré au douzième jour du troisième mois du calendrier lunaire musulman.

Au Maroc, il est l’occasion de grâces royales.

En Irak, pourtant majoritairement chiite, ce jour est déclaré chaque année férié. En revanche, les tenants d’une interprétation rigoriste de l’islam refusent de le célébrer.

A Mossoul, l’ancienne « capitale » du groupe Etat islamique (EI) en Irak, les djihadistes ont interdit pendant trois ans toute célébration du Mawlid.

Cette année, dans la Vieille ville en grande partie détruite, les chants religieux ont de nouveau retenti. Des plateaux de gâteaux aux dattes circulaient entre les hommes assis en tenue traditionnelle dans les ruelles du Vieux Mossoul.

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