RDCongo: équipe de campagne Shadary: deux ONG redoutent de la corruption

RDCongo: équipe de campagne Shadary: deux ONG redoutent de la corruption

 

Deux ONG internationales, Global Witness et la Platforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF) soulignent que le candidat kabiliste à la Présidence, Emmanuel Ramazani Shadary, a pris dans son équipe de campagne des personnes qui ont dirigé des entités où de l’argent public a « disparu ».

 

Les deux ONG visent en particulier les personnes chargées des finances dans l’équipe de campagne du candidat kabiliste à la présidentielle du 23 décembre prochain. Selon elles, il se trouve parmi elles « des personnalités ayant supervisé des agences, départements ou projets dans lesquels des fonds publics importants ont disparu au cours de la dernière décennie ». Elles nomment Moïse Ekanga Lushyma et Albert Yuma, « tous deux à la tête d’agences publiques dotées d’un bilan douteux en matière de gestion des ressources ».

 

« Lorsqu’un candidat à la Présidence, soumis à des sanctions européennes » (NDLR: c’est le cas de M. Ramazani Shadary), « s’allie avec des personnes qui dirigent des institutions clés dans un régime déjà accusé de corruption généralisée, il existe un risque réel que la frontière entre l’argent public et les intérêts politiques privés devienne floue pendant cette campagne électorale », a déclaré Peter Jones, de Global Witness.  » Nous avons appelé à lancer des enquêtes sur ces personnes et les institutions qu’elles dirigent, mais Shadary semble plutôt les récompenser par des positions de pouvoir ».

Moïse Ekanga

Selon le communiqué des deux ONG internationales, « Moïse Ekanga Lushyma est le chef du Bureau de coordination et de suivi du programme sino- congolais (BCPSC), qui gère les principales relations d’affaires de la RDC avec la Chine. Le Centre Carter a découvert que des centaines de millions de dollars de prêts chinois, gérés par le BCPSC sous la gérance d’Ekanga, n’ont pas été dépensés pour les projets auxquels ils étaient alloués entre 2008 et 2014. Le BCPSC n’a pas été en mesure de justifier cet argent manquant ».

« PPLAAF a aussi révélé que Ekanga a représenté l’Etat congolais dans ses négociations avec un opérateur portuaire, qui seraient entachées de graves soupçons de détournement. Le contrat en question était censé créer une structure de sociétés permettant l’enrichissement personnel d’individus politiquement exposés, dont Joseph Kabila ».

Selon Reuters, Ekanga a également contribué à la négociation d’un contrat pour la fourniture de passeports qui aurait permis de détourner des revenus vers une société opaque dont un proche parent du Président bénéficierait personnellement.

Albert Yuma

Albert Yuma, le patron de la Gécamines, est aussi dans le viseur des deux ONG internationales. « Global Witness et le Centre Carter ont tous deux signalé la disparition de centaines de millions de dollars de recettes publiques qui avaient été versés à la Gécamines pendant le mandat de Yuma. La Gécamines, sous la présidence de Yuma, a vendu des concessions minières à Dan Gertler, un homme d’affaires israélien. Après avoir acquis des actifs et des sources de revenus clés pour la RDC auprès de ou via la Gécamines, Gertler a été sanctionné en décembre 2017 en vertu de la loi américaine Magnitsky, par le président américain Donald Trump, pour corruption dans les transactions minières menées en RDC », indiquent-elles dans leur communiqué.

Celui-ci ajoute: « Albert Yuma a été membre et président du conseil d’administration de l’Entreprise Générale d’Alimentation (EGAL) – une société productrice et importatrice de nourriture. D’après les Lumumba Papers révélés par PPLAAF, EGAL aurait reçu de manière inexplicable 43 millions de dollars de la Banque centrale du Congo qu’elle aurait ensuite transférés dans des sociétés à l’étranger. Les bateaux d’EGAL ont permis le transport d’animaux sauvages achetés en Namibie pour le compte de la Ferme Espoir qui appartient au président Kabila ».

Les deux personnalités récusent ces accusations

Moïse Ekanga a récusé ces accusations. M. Yuma n’avait pas encore réagi vendredi mais a, par le passé, rejeté les accusations concernant la Gécamines.

 

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