De Croo suspend la préparation du nouveau programme de coopération avec la Tanzanie

De Croo suspend la préparation du nouveau programme de coopération avec la Tanzanie

Le ministre de la Coopération au développement, Alexander De Croo, a décidé de suspendre la préparation d’un nouveau programme de coopération avec la Tanzanie, où une dégradation récente du respect des droits de l’homme et de l’Etat droit a été constatée, a-t-on appris vendredi.

La pression internationale s’accentue sur le président de cet Etat d’Afrique de l’est, John Magufuli, accusé de réprimer les opposants politiques, la presse indépendante, les investisseurs étrangers, mais aussi les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres).

L’actuel programme de coopération belge avec la Tanzanie touche à sa fin, mais le prochain est en cours de préparation. La Belgique, qui y consacre 3 à 4 millions d’euros par an, est particulièrement active dans les domaines de l’agriculture et de la sécurité alimentaire dans la région de Kigoma – proche de la frontière avec le Burundi – et dans celle d’Arusha (nord).

La situation des personnes LGBT s’est récemment fortement détériorée dans le pays, a pointé vendredi M. De Croo (Open Vld), expliquant sa décision de suspendre la préparation du futur programme de coopération. Une campagne contre les homosexuels a notamment été lancée par le gouverneur de la région de Dar es Salaam, capitale économique de Tanzanie. Celui-ci a entre autres annoncé avoir mis en place une équipe pour faire la chasse aux homosexuels, qui s’exposent à des peines allant jusqu’à 30 ans de prison dans le pays.

Alexander De Croo s’inquiète par ailleurs des chances offertes aux filles et aux jeunes mères tanzaniennes. Ces dernières ne peuvent en effet pas se rendre à l’école pendant leur grosesse et un nouveau règlement leur interdit même d’y retourner après avoir accouché. « C’est retirer leur avenir à ces jeunes filles », a estimé le ministre belge.

Plus tôt dans la semaine, la Banque mondiale avait déjà refusé d’accorder un prêt de 300 millions de dollars (265 millions d’euros) pour l’éducation des jeunes filles à Dodoma, en réaction à cette mesure. L’UE a également annoncé qu’elle allait réexaminer l’aide financière qu’elle accordait à la Tanzanie.

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