RDCongo: risque climatique « extrême » pour Mbuji Mayi et Kinshasa

RDCongo: risque climatique « extrême » pour Mbuji Mayi et Kinshasa

Alors qu’il faut s’attendre à une multiplication des tornades et inondations dans les prochaines années en raison du changement climatique, un cabinet de consultants souligne la vulnérabilité sur ce point de deux tiers des villes africaines et en particulier, en RDCongo, de Mbuji Mayi et Kinshasa. Avec, pour effet secondaire potentiel, une hausse du nombre de crimes et de troubles civils.

Selon l’Onu, 86 sur les 100 villes à la croissance la plus rapide se trouvent en Afrique. Cette hausse de la population , couplée aux piètres infractructures des villes africaines et à la faiblesse des mécanismes de réponse aux catastrophes sur le continent, fait peser sur les deux tiers des villes africaines (79 sur les 86) un risque « extrême », indique une étude du cabinet de consultants britannique Verisk Maplecroft. Le cabinet a croisé son index de vulnérabilité aux changements climatiques avec les prévisions de l’Onu sur la croissance des populations urbaines dans 1800 villes du monde d’ici à 2035.

Kinshasa vulnérable

Si Djakarta et Manille sont les villes les plus menacées au monde, on note que parmi les 234 villes où le risque est le plus extrême, selon Verisk Maplecroft, se trouvent 15 des capitales d’Afrique, dont Kinshasa – mais aussi Mbuji Mayi – Bangui, Monrovia, Luanda, Kampala, Dar-es-Salam, Addis Abeba ou la principale ville du Nigeria, Lagos.

Kinshasa, créditée aujourd’hui de 13 millions d’habitants, en aura ainsi deux fois plus en 2035. Les actualités des dernières années ont montré la répétition de dramatiques inondations en saison des pluies, liées notamment à l’absence d’entretien des caniveaux et des rivières traversant la mégalopole et à un ramassage des ordures agonisant ou mort. Avec leur cortège de drames humains, comme l’a brillamment illustré l’écrivain congolais Achille Ngoye dans son recueil de nouvelles « Yaba Terminus » (Ed. Fleuve noir).

Trop de pauvres, trop peu de bonne gouvernance

Le risque de catastrophe climatique est en effet accru dans les villes qui ressemblent beaucoup au profil de celles du continent: beaucoup de pauvres; création incessante de bidonvilles pour accomoder des habitants venus de provinces négligées par les pouvoirs publics et frappées par des sécheresses de plus en plus importantes, ce qui suscite un fort exode rural; faible ou mauvaise gouvernance; absence de plans d’aménagement du territoire.

Les conséquences pourraient être graves. Les auteurs du rapport citent en effet la destruction d’habitations et d’infrastructures; l’épuisement de la force de travail en raison des mauvaises conditions de vie; la chute de la production agricole; la mutiplication des maladies; la destruction d’éco-systèmes; la hausse du taux de criminalité; des troubles civils.

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