RDCongo: Leïla Zerrougui « alarmée » par la situation sécuritaire

RDCongo: Leïla Zerrougui « alarmée » par la situation sécuritaire

Par Marie-France Cros.

Leïla Zerrougui, cheffe de la Mission de l’Onu au Congo (Monusco), s’est montrée, lors de la réunion mesuelle sur le Congo du Conseil de sécurité des Nations unies à New York cette semaine, optimiste sur le processus électoral mais pessimiste sur la situation sécuritaire.

Mme Zerrougui a abordé la question du processus électoral et de la mise en œuvre de l’Accord de la Saint-Sylvestre 2016. Celui-ci balisait le chemin vers des élections équitables alors que le pays venait de quitter les rails légaux en raison du refus du régime Kabila d’organiser les élections dues: désamorçant la colère populaire créée par le maintien au pouvoir de Joseph Kabila, il confiait l’organisation des élections au pouvoir incrusté et à l’opposition. Toutefois, le régime Kabila n’a jamais exécuté sa part du contrat et a, en outre, reculé la date des élections à décembre 2018 au lieu de décembre 2017 comme convenu.

Mme Zerrougui s’est montrée résolue à voir cependant le tableau avec optimisme puisqu’elle se félicite que « toutes les parties prenantes restent résolumment engagées dans le processus électoral », dont « les préparatifs » se poursuivent, notant seulement que le nouvel archevêque de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo, « a mis l’accent sur la nécessité de trouver un consensus sur la machine à voter afin qu’elle ne constitue pas un obstacle pour la tenue des élections » et que « l’opposition se plaint du rétrécissement de l’espace politique ».

La crédibilité du processus

Tout au plus note-t-elle que « des progrès doivent encore être réalisés » – guère importants, semble-t-il, puisqu’elle clôt ce chapitre en indiquant que « des élections acceptées par le plus grand nombre de Congolaises et de Congolais marqueront un tournant majeur dans l’histoire » du Congo. « Marqueront » et non « marqueraient », comme s’il n’y avait pas de doute à ce sujet.

En conclusion de son intervention, Mme Zerrougui indique tout de même que « l’accent doit maintenant être mis sur la nécessité d’assurer la crédibilité du processus », soulignant l’importance de voir tous les candidats avoir « un accès égal à l’espace politique durant la campagne » électorale – qui ouvre officiellement le 22 novembre, même si le candidat du régime, Emmanuel Ramazani Shadary, a déjà commencé la sienne au mépris des lois en vigueur – et de voir « levées les restrictions aux manifestations pacifiques dans tout le pays ».

La situation sécuritaire

Bien palpable, en revanche, est l’inquiétude de la patronne de la Monusco quant à la situation sécuritaire dans le pays. D’abord au sujet de la région de Beni où les attaques des groupes armés ADF et Maï Maï se poursuivent « de la même manière contre civils, FARDC (armée congolaise) et Monusco » et ont lieu « de plus en plus près du centre de la ville de Beni ». Celle-ci, comme Butembo, sont en outre le théâtre d’une épidémie de fièvre Ebola.

Mme Zerrougui note en outre « un potentiel pour des interférences de groupes armés dans des zones spécifiques de l’est du Congo, particulièrement » dans les provinces du « Tanganyika, Sud-Kivu et dans le Grand- et Petit-Nord du Nord-Kivu ». Des violences armées dans ces zones pourraient empêcher le déploiement du matériel électoral, voire le vote, estime-t-elle.

Enfin, Mme Zerrougui assure que la Monusco est très attentive à la situation au Kasaï, déchiré par une guerre civile meutrière en 2016-17, qui subit aujourd’hui « le retour forcé d’Angola de migrants congolais » qui avaient fui les violences au Kasaï – où elles sont toujours sporadiques, selon ce qu’observe La Libre Afrique.be. « Il y a une possibilité que la tension ethnique s’embrase dans certaines zones » de cette région, formée de 5 provinces.

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