Vital Kamerhe, à son tour, renie sa signature

Vital Kamerhe, à son tour, renie sa signature

En 2011, lors de la dernière élection présidentielle, Vital Kamerhe et Etienne Tshisekedi étaient les premiers outsiders de Joseph Kabila.

Les deux ont mené des négociations pour tenter de partir en tandem contre le président sortant. Les négociations ont été très avancées avant de faire pssschiiiit, comme aurait dit le président français Jacques Chirac. Le Sphinx de Limete pointait la responsabilité du patron de l’UNC qui, lui, accusait le « vieux ».

Depuis sept ans, le torchon brûle entre Tshisekedi (père ou fils) et Kamerhe, arrivés dans cet ordre lors du scrutin de 2011. Bref, ils ne peuvent se supporter et sont pourtant indissociables. La preuve encore ce lundi 12 novembre où, une heure après Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe a repris sa signature de l’accord de l’opposition.

Comme le patron de l’UDPS, le président de l’UNC met en avant le fait que sa base n’accepte pas la désignation de Martin Fayulu, que l’accord de Genève n’a pas été compris et qu’il sera donc candidat à la présidentielle. Une nouvelle défection qu irebat encore un plus les cartes.

Freddy Matungulu, le quatrième candidat potentiel parmi les sept leaders de l’opposition réunis à Genève a, lui, annoncé qu’il ne revenait pas sur sa signature et qu’il soutiendrait Martin Fayulu.

Comme Tshisekedi, Kamerhe ne peut remettre en question le mode de désignation du candidat unique de l’opposition sans se discréditer. Les deux hommes ont eu voix au chapitre, ils ont accepté les règles et ont fait, parce qu’ils se détestent cordialement, le jeu des « petits » candidats.

Kamerhe, comme Tshisekedi (contrairement à Fayulu), ne pouvait se prévaloir d’un itinéraire rectiligne avant d’arriver à Genève. L’homme a surfé sur la vague du pouvoir au moment des négociations à l’automne 2016. Il  a été fut sur le fil pour le poste de Premier ministre par le citoyen belge Samy Badibanga. Un pied de nez de Kabila qui ne voulait pas entendre parler de Kamerhe à ce poste. Ensuite, l’homme, parfois surnommé Kamerhéon pour son don a tourné sa veste, a caboté avant de rejoindre les leaders de l’opposition et de se retrouver le week-end dernier à Genève en compagnie de Katumbi, Bemba, Tshisekedi, Fayulu, Matungulu et Muzito pour désigner le candidat unique de l’opposition.

Impossible accord

Comme pour Féix Tshisekedi, Kamerhe a accepté de participer au choix de ce candidat, il a eu le droit de vote et a ensuite entériné son choix en signant la déclaration commune et en participant à la conférence de presse avec les six autres leaders. Pas de porte qui claque, pas de cris, juste un acquiescement et l’engagement de soutenir Martin Fayulu.

Vingt-quatre heures plus tard, pour quelques vociférations, quelques pneus brûlés, l’homme renie sa signature, son choix. L’accord de Genève était impossible. La désignation de Martin Fayulu n’y change rien. Si Tshisekedi avait été désigné, la base de Kamerhe ne l’aurait pas plus supporté et inversément. Soit parce que l’égo de ces deux hommes politiques est démesuré et ne peut s’effacer au nom de l’intérêt national. Soit, parce que des accords préexistaient avant Genève pour couler un front de l’opposition qui commençait à effrayer une majorité présidentielle dans laquelle pas mal de barons doutent de la crédibilté  de Ramazani Shadary.

Que pensez-vous de cet article?

Derniers Articles

Journalistes

Dernières Vidéos