« Insécurité et Ebola menacent la tenue des élections », selon le gouverneur du Nord-Kivu

« Insécurité et Ebola menacent la tenue des élections », selon le gouverneur du Nord-Kivu

Par Esther Nsapu, correspondante à l’Est de la RDC

Le problème de l’insécurité en territoire de Béni reste un défi majeur pour l’organisation des élections. Cette situation s’ajoute à celle de la présence du virus Ebola qui continue à faire des victimes parmi les populations. Ceci, à quelques semaines seulement des élections en RDC. Tel était le sens du message du gouverneur du Nord-Kivu Julien Paluku.

Plusieurs villages et cités du territoire de Béni en province du Nord-Kivu sont en train de se vider de leurs populations par peur des présumés rebelles ougandais de l’Allied Democratic Forces (ADF) et des groupes d’autodéfense Mai-Mai qui opèrent dans la zone. Plusieurs familles quittent le territoire de Béni pour se rendre soit dans la province de l’Ituri, soit dans le territoire de Rutshuru ou dans la ville de Butembo pour essayer de se mettre à l’abri de l’insécurité. De ce fait, ces familles risquent de ne pas participer aux élections de décembre 2018.

D’après Julien Paluku Kahongya, gouverneur de la province du Nord-Kivu, « la ville de Béni compte presque 630.000 électeurs et huit sièges sont à pourvoir pour la députation nationale et provinciale. Ne participeront aux élections, que les populations qui sont restées dans la circonscription de Béni. Par contre, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) n’a pas encore trouvé de solution pour permettre aux habitants de Béni qui ont fui vers les territoires voisins de Lubero, Rutshuru ou autres de voter. C’est pourquoi, cette insécurité dans la ville et dans le territoire de Béni risque d’impacter négativement les processus électoral de décembre ». A-t-il dit

Ebola continue de faire des victimes

La ville de Béni continue aussi de faire face à l’épidémie d’Ebola. Dans les seules zones de santé de Béni et de Mabalako, les deux épicentres du virus Ebola, 319 cas et 233 décès ont été enregistrés à ce jour.

Pour Julien Paluku Kahongya : « il est vrai que les groupes armés présents dans la zone de Béni, peuvent compliquer la riposte contre le virus Ebola. J’ai vu à Béni comment les expatriés qui nous aident dans la lutte contre le virus s’interrogent sur leur présence sur place à cause de l’insécurité. Comme c’est la 10e épidémie d’Ebola en RDC, Béni bénéficie des expériences des précédentes équipes de riposte. Fortes de cette expérience, ces équipes ont jusqu’ici pu contenir l’épidémie mais l’insécurité change la donne. En effet certaines personnes qui ont été en contact avec des personnes infectées par le virus se sont refugiées dans des zones contrôlées par des Mai-Mai. Il y a donc des risques d’expansion de l’épidémie à cause de l’existence des groupes rebelles ».

« Si Ebola persiste, poursuit le gouverneur , certains pourraient avoir peur d’aller voter. Cependant, tous les dispositifs de riposte seront installés dans les bureaux des votes afin d’éviter toute propagation du Virus ».

Selon le ministère de la Santé, le bilan de 319 cas et 233 décès dû à Ebola dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri dépasse désormais celui de la première épidémie enregistrée dans l’histoire survenue en 1976 à Yambuku, dans la province de l’Equateur.

Au cœur de cette riposte sans précédent, se trouvent des centaines d’hommes et de femmes qui travaillent sans relâche depuis plus de trois mois dans un environnement difficile et instable pour éviter que cette épidémie d’Ebola ne se propage dans les autres provinces de la République démocratique du Congo et dans les pays voisins.

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