RDCongo: l’UDPS extérieure rejette le choix porté sur Martin Fayulu

RDCongo: l’UDPS extérieure rejette le choix porté sur Martin Fayulu

Par Marie-France Cros.

Dans un communiqué daté du 12 novembre, l’UDPS extérieure (les représentants de l’UDPS dans des pays étrangers) a pris position contre le choix, fait dimanche par les sept dirigeants de l’opposition congolaise, d’un candidat unique pour la représenter à la présidentielle du 23 décembre prochain, en la personne de Martin Fayulu, patron du parti Ecidé.

Ce communiqué est signé par 12 personnes (le nom du représentant en Allemagne apparaît deux fois) et son authenticité nous a été confirmée par M. Ange Pabolangi, représentant de l’UDPS à Bruxelles. On y trouve deux représentants pour la Belgique et deux pour le Canada, ainsi que les représentants de l’UDPS en France, en Irlande, en Allemagne, au Royaume uni, en Australie, aux Etats-Unis, en Italie et en Suisse.

Il donne une indication sur les difficultés qui attendent Félix Tshisekedi pour faire accepter par ses troupes son acceptation du choix de l’opposition, qui lui a préféré Martin Fayulu pour être son candidat unique à la présidentielle programmée pour dans six semaines.

A Kinshasa, le secrétaire général de l’UDPS, Jean Marc Kabund, a était sur la même longueur d’onde et a donné 48h à Félix Tshisekedi pour revenir sur sa signature.

Alors qu’on sait que M. Fayulu a été choisi parce qu’il réunissait plus de voix des présents sur son nom que ses trois autres concurrents (MM. Tshisekedi, Kamerhe, Matungulu), le texte indique que les trois candidats d’opposition interdits de présidentielle par la Ceni (Commission électorale nationale indépendante, réputée proche du président hors mandat Joseph Kabila) – soit Moïse Katumbi, Jean-Pierre-Bemba et Adolphe Muzito –  « ne devraient plus avoir droit aux discussions relatives au programme commun ainsi qu’à la candidature commune de l’opposition ». Ce qui revient à nier le principe d’unité de l’opposition auquel l’UDPS a souscrit.

Avait-il toute sa tête?

Le texte évoque « le rythme de travail imposé aux délégués par les organisateurs » de la réunion de dimanche à Genève, ainsi que l’initiative de ces derniers – la Fondation Koffi Annan – de soustraire les sept chefs de l’opposition congolaise à « toute influence de l’opinion publique nationale ». Cela semble sous-entendre que Félix Tshisekedi n’avait pas toute sa tête lorsqu’il a signé l’accord sur le nom de Martin Fayulu.

Il assure en outre que la décision « étrange » des chefs de l’opposition de choisir « un candidat autre que M. Félix Tshisekedi à l’élection présidentielle » pour faire face au candidat du pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary (objet de sanctions internationales pour son rôle dans des violations graves des droits de l’homme) « ne tient pas compte de l’opinion populaire ». Et de citer un sondage récent qui plaçait Félix Tshisekedi en tête des intentions de vote avec 36% des voix.

Rébellion interne

Last but not least, aux yeux de l’UDPS Extérieure, ce choix va à l’encontre d’une décision de l’UDPS qui avait choisi le fils Tshisekedi comme son candidat à la présidentielle. Et d’y voir de la « désinvolture à l’égard de notre parti qui, depuis 36 ans, lutte pour l’alternance politique et l’installation effective d’un Etat de droit ».

En conséquence, les signataires ne se sentent « pas concernés » par le choix de Martin Fayulu et le considèrent comme « nul et sans effet ».

Toute la question est maintenant de savoir à quel point cette rébellion sera suivie par la base de l’UDPS. De manière importante, sans doute. A noter que les noms des candidats d’opposition officiellement ralliés à la candidature de Martin Fayulu ne seront pas effacés des bulletins de vote et que les électeurs pourraient ne pas suivre les consignes de vote de l’opposition en faveur de ce dernier.

Le communiqué de l’UPDS

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