RDCongo: comment la machine pourrait voter… Shadary

RDCongo: comment la machine pourrait voter… Shadary

Par Marie-France Cros.

Le candidat numéro 7 dans la course à la Présidence en République démocratique du Congo, l’indépendant Alain Daniel Shekomba Okende, a montré mercredi à d’autres candidats et à des leaders d’opposition comment la machine à voter pourrait être programmée pour voter… Emmanuel Ramazani Shadary, le candidat du président hors mandat Joseph Kabila.

Directeur général adjoint d’une entreprise de téléphonie mobile basée à Malabo (Guinée équatoriale), Muni, M. Shekomba a montré mercredi 7 novembre comment le vote d’un électeur congolais pouvait être détourné vers un autre électeur.

Dans son exemple, trois bulletins physiques avaient été remplis, un pour Emmanuel Ramazani Shadary, le candidat du Front Commun pour le Congo (FCC, officiel), et deux pour Seth Kikuni Masudi, un jeune entrepreneur qui figure parmi les 19 candidats acceptés par la Ceni (Commission électorale nationale indépendante). M. Shekomba a montré (voir video), comment la lecture du QR code, grâce à une application pour smartphone, montrait que la machine à voter enregistrait… deux votes pour M. Shadary et un seul pour son jeune rival.

RDCongo : Mises au point sur la « machine à voter Shadary »

Des démonstrations de la machine à voter avaient déjà montré des résultats non conformes au vote déposé, notamment à Idjwi – où ceux qui ont parlé de ces défaillances sont… poursuivis par l’Agence nationale de Renseignement (ANR).

Vulnérabilité au hacking

Dans une « alerte » en juin dernier, l’ONG américaine Sentry indiquait avoir interrogé le spécialiste en technologie du Center for Democracy & Technology, basé à Washington, Joseph Lorenzo Hall, au sujet des spécifications techniques fournies par le fabricant sud-coréen des machines à voter achetées par la Ceni congolaise, Miru Systems. M. Hall a identifié les faiblesses de cette technologie QR code – notamment « des menaces sur le secret du vote et des vulnérabilités au hacking ».

Rappelons que la Ceni (Commission électorale nationale indépendante) a refusé que soit audités les logiciels de sa machine à voter, nourrissant ainsi les soupçons d’intentions frauduleuses après le précédent que constituent les élections présidentielle et législative de 2011. Elles avaient été jugées par les observateurs nationaux et internationaux comme « non crédibles » en raison des fraudes massives qui en avaient perverti les résultats, précisément au niveau des ordinateurs centraux de la Ceni.

RDCongo: quand la machine à voter perd les pédales

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