«Gahugu Gato» : traduit, le livre de Gaël Faye fait son retour au «Petit Pays»

«Gahugu Gato» : traduit, le livre de Gaël Faye fait son retour au «Petit Pays»

Après son formidable succès international Petit Pays, le livre de Gaël Faye, a été traduit en Kinyarwanda et va connaître une deuxième  diffusion au Rwanda et au Burundi. Il a été présenté hier soir à la Maison de la Francité à Bruxelles.

«C’est un bouquin essentiel, particulièrement pour la jeunesse rwandaise et burundaise car Gaël est l’un d’entre eux. C’est le livre d’une génération qui a vu un pan de la population basculer dans les violences qui ont accompagnées ces deux pays de la région des Grands Lacs.» Après son formidable succès international Petit Pays, le livre de l’écrivain et musicien Gaël Faye s’apprête à vivre une deuxième vie, une re-naissance grâce à sa diffusion en Kinyarwanda à destination de son premier public : la jeunesse rwandaise et burundaise vivant dans la région des Grands Lacs. Cette parution est l’aboutissement d’un long et patient travail de traduction et d’édition dont nous avions parlé dès le lancement du projet en août 2017.

Propager “Petit pays” à travers les mille collines

Dès la sortie de Petit Pays, Rwanda Arts Initiative (RAI) a sollicité Gaël Faye pour la traduction de son livre dans la langue nationale : le Kyniarwanda. Après de nombreux mois de travail et de collaboration entre Africalia et les Editions d’En Bas, l’ouvrage est sorti de presse et a été présenté au public, en présence du chanteur, jeudi soir à Bruxelles. Un grand moment d’émotion et de joie pour toute la communauté.

«Je pensais être exilé dans mon pays. En revenant sur les traces de mon passé, j’ai compris que je l’étais de mon enfance. Ce qui me paraît bien plus cruel encore.» Un sort que le chanteur partage avec de nombreux jeunes Rwandais et Burundais qui se reconnaîtront certainement au fil des pages du roman Gahugu Gato.

Livre numérique, livre audio et feuilleton radiophonique pour « Petit pays »

Malgré le succès international d’auteures comme Scholastique Mukasonga (prix Renaudot en France pour Notre dame du Nil) ou d’Immaculée Izabiliza (Left to tell), leurs livres circulent encore peu au Rwanda. La raison en est principalement financière (le coût du livre reste exorbitant pour la population locale), mais pas seulement. Edités en français et en anglais, ces livres sont inaccessibles pour une grande partie de la population qui ne maîtrise pas ces langues.

Afin de remédier à cette situation, différentes initiatives ont vu le jour comme le lancement de la première librairie publique, Kigali Public Library, qui propose un site de vente de livres numériques. Une caravane du livre circule également entre le Rwanda et le Burundi depuis 2013, à l’initiative des librairies publiques des deux pays, ce qui a permis de mettre sur pied diverses campagnes de sensibilisation à la lecture destinées aux écoles. A cela s’ajoutent des résidences d’écriture organisées par RAI et l’association Iriba afin de susciter et de soutenir la vocation d’une nouvelle génération d’auteurs.

Mais rien ne nourrit autant l’envie d’écrire que la lecture régulière d’ouvrages en tous genres et notamment de romans. Ce sera sans doute le cas avec le livre de Gaël Faye. Non seulement, Petits Pays est désormais accessible dans la langue maternelle de son premier public cible, la jeunesse rwandaise, mais l’initiative est accompagnée de deux outils performants : un livre audio et un dossier pédagogique réalisé par l’ONG CEC (Coopération Education Culture) sont également disponibles. De quoi toucher un auditoire plus vaste encore, jeunes et moins jeunes…

Karin Tshidimba

Sur la photo du milieu, Gaël Faye est entouré par l’écrivain Dorcy Rugamba (Rwanda Arts Initiative) et par Frédéric Jacquemin d’Africalia, lors de la soirée de présentation de la traduction de Petit Pays en Kinyarwanda, le 1er novembre à Bruxelles.

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