Gabon: d’ex-salariés de Bouygues réclament les indemnités légales

Gabon: d’ex-salariés de Bouygues réclament les indemnités légales

Plus d’un an après la cession des activités d’une filiale de Bouygues au Gabon, d’ex-employés poursuivent la multinationale française en justice, accusée de ne pas avoir respecté les indemnités légalement dues.

« Au Gabon, une filiale de Bouygues a abandonné des salariés locaux suite à une cessation d’activités il y a un an. Nous avons saisi les prud’hommes à Versailles et la maison mère (actionnaire majoritaire) est convoquée le 4 décembre », a indiqué à l’AFP l’avocat Eric Moutet.

Me Moutet veut porter en France la cause de 102 Gabonais, anciens employés d’une filiale de Bouygues Energies et Services, qui réclament le paiement de l’intégralité de leurs droits légaux.

En octobre 2017 la filiale gabonaise, présente depuis près de 70 ans dans le pays, avait annoncé la fin de ses activités du fait de « créances impayées », selon un porte-parole de Bouygues en France.

Les 223 employés avaient été licenciés par visioconférence depuis Paris.

« Les collaborateurs se sont vu proposer des indemnités conformes aux dispositions légales gabonaises qui ont aussi été calculées par un cabinet indépendant », selon le porte-parole.

« Aucune procédure de licenciement et d’indemnisation n’a été faite conformément à la loi. Ces indemnités proposées ont été calculées sans l’accord de l’inspection du travail et le montant est bien inférieur aux droits légaux », estime Me Octave Nang, conseiller juridique de plusieurs ex-salariés.

Cent treize ex-employés ont refusé les indemnités proposées et ont saisi la justice à Libreville en mai, indique Me Nang.

Le juriste réfute aussi les déclarations officielles sur la situation financière de l’entreprise au moment de son départ en octobre 2017.

Le porte-parole de Bouygues indique que « l’entreprise avait 12,5 millions d’euros de créances, dont près de 11 millions d’euros de créances publiques et parapubliques », et que « malgré un échéancier négocié en 2016, aucune des échéances n’avait été honorée ».

Selon un document des états financiers de Bouygues Gabon d’octobre 2017, envoyé par Me Octave Nang à l’AFP, les créances s’élèvent à 13,85 millions d’euros TTC (9 milliards de francs CFA).

L’Etat et ses services doivent seulement 7,17 millions d’euros TTC (4,7 milliards de francs CFA), selon les tableaux.

Ceux-ci montrent aussi que la société devait 20 millions d’euros (13 milliards de francs CFA) à des clients, des fournisseurs, à l’Etat ou encore à la sécurité sociale gabonaise.

Bouygues n’a pas apporté de commentaire sur ce document qu’il juge « partiel ».​

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