Move With Africa: dépasser les frontières culturelles

Move With Africa: dépasser les frontières culturelles

L’Institut de la Providence partira avec l’ONG ASMAE au Sénégal cette année.

Rencontre avec les élèves et leurs professeurs.

Un mercredi après-midi, devant le collège de la Providence, dans la douce chaleur du soleil automnal, les élèves finissent un dernier verre de jus avant de se rendre en classe. Et oui, ce mercredi, malgré la chaleur, certains continuent à travailler.

Il faut dire que l’ambiance est festive. On s’est donné rendez-vous pour déjeuner ensemble. Au menu, figurent différents plats amenés par les élèves et leurs professeurs. Pour les plus gourmands, il y a des desserts comme des crêpes, des gâteaux ou encore de délicieux brownies au chocolat. Une fois bien repus et prêts à utiliser nos méninges, nous voici placés en arc de cercle devant Jean-Thomas, le responsable de Asmae.

Jean-Thomas, responsable de l’ONG Asmae, prend la parole pour nous expliquer les activités de la journée.

Tous les élèves ne se connaissent pas. En effet, chaque élève présent aujourd’hui a posé sa candidature pour pouvoir partir avec Move With Africa. Une sélection a été faite et celles et ceux qui ont été choisis sont rassemblés dans une classe pour préparer leur voyage tant sur le plan intellectuel que physique. Les sections, les options, les préférences, aujourd’hui on oublie tout, pour former un groupe soudé prêt à se rendre au Sénégal et à découvrir une nouvelle culture.

C’est un long voyage qui s’annonce pour ce groupe fraîchement formé. A Pâques, pendant plus de 11 jours, les élèves vont partir vivre dans un petit village du Sénégal, dans une zone relativement aride où la température atteint facilement 35 degrés. Une perte de repères, une perte de confort, une immersion totale dans le quotidien des Sénégalais, dans leurs cultures, les mœurs, leurs us et coutumes. Un enrichissement incommensurable mais qui, pour éviter tout choc, qu’il soit culturel ou climatique, doit bien se préparer.

Move With Africa, c’est un long processus de réflexion, certes, mais où rire n’est pas exclu!

S’exprimer et apprendre à se connaitre

Nous commençons ainsi  par parler de nos attentes et de nos peurs concernant le voyage. Pour ce faire, Jean-Thomas place deux grands papiers blancs sur lesquels les élèves devront placer des post-it. Ils y ont auparavant écrit leurs angoisses, leurs doutes ou craintes mais aussi leurs attentes, leurs envies et leurs souhaits.  Ils doivent ensuite les expliquer devant tout le monde en les plaçant sur les deux grands papiers. C’est le courageux Hicham qui prend la parole en premier. « J’espère en revenir grandi ». « Que veux-tu dire par cela ? » demande Jean-Thomas. « J’ai l’impression que pour l’instant on est des gamins, on ne connait rien, mais que là-bas on va apprendre beaucoup ». Sa seule crainte ? Les moustiques. Et il est loin d’être le seul. Entre les moustiques, les insectes bizarres, les araignées, serpents et autres, les élèves ne sont pas rassurés. Et bien, il faudra s’y faire et autant le savoir. Les moustiques seront au rendez-vous et on se fera sûrement piquer mais il y a toujours des solutions comme mettre des longues manches à certaines heures du jour.

Hicham, élève à l’Institut de la Providence, prend courageusement la parole en premier pour nous en dire plus ses attentes et ses craintes.

Parmi les craintes figurent également  l’hygiène, le confort mais aussi l’envie que le groupe soit soudé et uni, la peur d’une mauvaise entente ou encore la peur que les stéréotypes du côté des élèves ou de celui des Sénégalais empêchent l’échange entre les deux groupes. Bien sûr tout cela demande du travail, de la réflexion et du temps pour comprendre les subtilités qui assurent la rencontre dans les meilleures conditions.

Un moment de réflexion pour penser aux attentes et aux craintes de chacun concernant ce long séjour au Sénégal.

Les règles culturelles

Nous entrons dans le vif du sujet de manière ludique avec un jeu concocté par Asmae. Les élèves et leurs professeurs sont divisés en quatre groupes qui reçoivent chacun un jeu de cartes. Assis autour d’une table, tout le monde doit lire les règles du jeu posées sur la table. Une fois ces dernières lues et comprises, les groupes peuvent commencer à jouer mais sans aucune communication verbale. Au bout de dix minutes, les gagnants de chaque groupe changent de groupe et ainsi de suite. Ce que les joueurs ne savent pas, sauf Jean-Thomas, c’est que chaque groupe a reçu une règle légèrement différente. Ce qui fait que lorsque les groupes se mélangent, les élèves se retrouvent face à une règle qu’ils ne comprennent pas et ils ne peuvent en aucun cas tenter de la comprendre en communiquant verbalement. Il faudra dès lors trouver une façon de comprendre, de communiquer et surtout de jouer ensemble. Cette mise en situation tente d’illustrer les enjeux d’un choc culturel à travers un simple jeu de cartes. En effet, face à cette incompréhension certains se montreront frustrés, d’autres perdus, d’autres encore imposeront leurs choix et certains iront même jusqu’à s’énerver. Et c’est bien normal. Les cultures sont, elles-aussi, faites de règles, de lois qui régissent les comportements. On ne se comporte pas de la même façon, on s’exprime différemment en fonction de certains contextes. On se présente de telle ou telle manière, etc… Cela n’en finit pas. Au sens sociologique, la culture est considérée comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériel, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. On va par exemple retrouver dans la culture l’ensemble des normes et des valeurs communes à une société.

Cette après-midi, à l’Institut de la Providence, on tape la carte pour comprendre les règles du jeu… et les règles culturelles.

Or la société belge et la société sénégalaise sont très différentes. Les élèves vont être confrontés à des situations où leurs propres codes se verront heurtés par ceux des autres et vice-et-versa. Il faudra alors développer des outils pour tenter d’atténuer ce choc, de se préparer et d’arriver à communiquer malgré nos différences. Un long travail qui ne fait que commencer puisque nous ne sommes qu’au début de la formation Move With Africa et que Pâques est encore loin. Mais ce travail immisce déjà une réflexion plus profonde sur le fait que « nos vérités » ne sont pas universelles mais bien culturelles et sociétales. Les prémisses d’une longue réflexion et d’une ouverture d’esprit qui ne laissera pas les élèves et leurs professeurs indemnes.

Constance Frère

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