Moïse Katumbi attendu devant ses juges mais interdit d’entrer en RDC

Moïse Katumbi attendu devant ses juges mais interdit d’entrer en RDC

Ce 10 octobre, les juges de la cour suprême de la République démocratique du Congo doivent examiner le dossier à charge de Moïse Katumbi, ancien gouverneur du Katanga et principal adversaire du président hors mandat Joseph Kabila.

L’affaire avait été amenée une première fois devant cette juridiction le 27 juin dernier. Ce jour-là, les juges avaient repoussé l’examen du dossier pour des questions de procédures, notamment parce que la convocation n’a pas été envoyée à l’opposant à son adresse en exil, ensuite, et notamment, « parce que la Cour suprême n’a pas observé les trois mois nécessaires entre le jour d’affichage de la date d’audience, soit le 27 avril, et le jour de l’ouverture du procès ce 27 juin », avait alors expliqué un des avocats de M. Katumbi, Me Mumba Gama.

Cette fois, ce mercredi 10 octobre, les juges de la cour suprême semblent avoir pris toutes les mesures « nécessaires » pour que le porcès ait bien lieu.

RDC : Moïse Katumbi à l’ambassade de RDC en Belgique

Pas de visa pour Lewis, pas de passeport pour Katumbi

Pas de quoi rassurer dans le camp Katumbi. En effet, le candidat empêché à la course à la présidence ne se fait aucune illusion sur le traitement de son dossier… en son absence et en celle de Darryl Lewis. Arrêté le 24 avril 2016 à Lubumbashi, ce ressortissant américain est accusé par le pouvoir en place à Kinshasa d’être un « dangereux » mercenaire. Des accusations que réfutent Darryl Lewis qui a tenté de venir s’expliquer devant les juges de la cour suprême mais qui en a été empêché, l’ambassade de la République démocratique du Congo aux Etats-Unis ayant refusé, pour la troisième fois, de lui délivrer le visa nécessaire pour qu’il puisse se rendre à Kinshasa.

RDC: Kinshasa interdit l’embarquement de passagers voyageant avec un passeport semi-biométrique

Même traitement de « faveur » pour Moïse Katumbi. Le principal adversaire de Kabila s’est présenté à l’ambassade la RDC en Belgique  le 20 février dernier pour introduire une demande de visa biométrique. Le personnel de l’ambassade a prudemment renvoyé le dossier à Kinshasa qui a visiblement dû l’égarer. En juillet dernier, face à cette absence de réponse, Moïse katumbi a écrit aux principaux ministres congolais pour demander qu’on lui délivre un passeport biométrique auquel il a droit comme tous Congolais. autant de courriers qui sont restés lettres mortes. Pas le moindre début de réponse à ses courriers, même de la part de la ministre des Droits humains, Mme Mushobekwa. Moïse Katumbi a envoyé un courrier à la ministre pour lui rappeler les termes du jugement du Conseil des droits de l’homme des Nations unies de Genève, instance où siège la RDC, qui exigeait que led candidat déclaré à la présidentielle puisse rentrer en RDC sans être menacé.

Les juges de la cour suprême ne pourront donc entendre ni Darryl Lewis, ni Moïse Katumbi. Un jugement par défaut bien plus aisé pour des juges qui doivent majoritairement leur place au bon  vouloir de Joseph Kabila et Cie.

Mascarade

Le dossier Katumbi avait été au centre de la conclusion de l’Accord de la Saint-Sylvestre. Moïse Katumbi avait accepté que son cas personnel ne bloque pas la signature de l’Accord de la Saint-Sylvestre pour éviter un nouveau bain de sang alors que le pays était au bord de l’insurrection. En échange,  les évêques de la Cenco s’engageaient à rencontrer tous les acteurs des deux dossiers à charge de Moïse Katumbi (spoliation d’un bien immobilier et recrutement de mercenaires). Après plusieurs semaines d’enquêtes, des heures d’audition, des milliers de kilomètres parcourus pour rencontrer tous les protagonistes les évêques catholiques rendaient leur rapport en évoquant purement et simplment une « mascarade » montée de toutes pièces pour empêcher Moïse Katumbi de participer à la course à la présidence.

Moïse Katumbi é été condamné à trois de prison dans le dossier de spolitation, le dossier est en appel. S’il est condamné par la cour suprême pour ce qui a été qualifié par le procureur général de la République d’atteinte à la sûreté de l’etat, il perd de facto un niveau de recours et ne pourra donc prétendre à un appel. Encore un « traitement de faveur » inique du pouvoir de Kinshasa à l’attention de Moïse Katumbi.

Me DupontDupond-Moretti l’avocat français de Moïse Katumbi a évoqué chez nos collègues de Jeune Afrique « une pitrerie ». « Le pouvoir ne veut qu’une chose : instrumentaliser la justice pour supprimer définitivement l’expression de certaines prétentions à la présidence de la République de Moïse Katumbi,. Telle est la vérité ». Avant d’évoquer la possibilité d’un procès en rupture parce qu’il ne reconnaît pas à ces juges le droit de juger Moïse Katumbi.

Que pensez-vous de cet article?

Derniers Articles

Journalistes

Dernières Vidéos