Présidentielle au Cameroun: Maurice Kamto revendique la victoire

Présidentielle au Cameroun: Maurice Kamto revendique la victoire

L’un des principaux candidats à la présidentielle de dimanche au Cameroun, Maurice Kamto, a revendiqué lundi à Yaoundé la victoire face au président sortant Paul Biya, affirmant avoir « marqué le penalty ». « J’ai reçu mission de tirer le penalty, je l’ai tiré et je l’ai marqué », a déclaré M. Kamto lors d’une conférence de presse. « J’ai reçu du peuple un mandat clair que j’entends défendre jusqu’au bout ». Ancien ministre délégué à la Justice et avocat, Maurice Kamto, 64 ans, est président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Il avait reçu vendredi le soutien d’un autre candidat de poids, Akere Muna, qui s’était retiré de la course en sa faveur.

Maurice Kamto a dénoncé de « multiples cas de fraude orchestrée par le pouvoir », auquel il a néanmoins tendu la main: « Mes bras leur restent ouverts pour qu’on oeuvre ensemble à la renaissance nationale ».

Légalement, le Conseil constitutionnel, composé de proches du président Biya, est le seul habilité à proclamer des résultats, au plus tard deux semaines après le scrutin, ce qu’il n’a pas encore fait. Paul Biya, tout-puissant chef de l’Etat depuis 1982 qui brigue un 7e mandat consécutif, reste le favori de l’élection qui a eu lieu dimanche, appelant quelque 6,5 millions d’électeurs à voter pour l’un des 8 candidats. La présidentielle se tenait dans un contexte sécuritaire inédit au Cameroun: dans trois des dix régions du pays, l’armée était déployée, pour prévenir d’éventuelles attaques des djihadistes de Boko Haram et pour maintenir le calme dans les régions anglophones de l’ouest du pays, où la guerre avec des séparatistes armés s’est installée depuis fin 2017.

Des coups de feu ont d’ailleurs été entendus lors de l’élection dans les capitales régionales Buea et Bamenda. Dans cette dernière, trois hommes armés, séparatistes présumés qui tiraient sur des passants, ont été abattus par les forces de l’ordre. Les régions anglophones du Sud-Ouest et du Nord-Ouest auraient connu un taux de participation minime à l’élection présidentielle, « en deça de 5% » selon les dires d’un chercheur de l’International Crisis Group (ICG).

Lundi, le parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) n’a pas tardé à réagir à la sortie de Maurice Kamto. Via le réseau social Facebook, Grégoire Owona, ministre du Travail et secrétaire-général adjoint du parti, a accusé l’opposant d’être passé « outre toutes les lois de la république du Cameroun » et d’avoir invité « insolemment le président Paul Biya à organiser la passation du pouvoir! ». « Puis-je me permettre d’exhorter les populations camerounaises au calme et à l’attente des résultats conformément à la loi. Préservons notre pays et aimons-le! », a-t-il ajouté.​

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