Génocide au Rwanda: l’enquête sur le massacre de Bisesero se clôt sans poursuites

Génocide au Rwanda: l’enquête sur le massacre de Bisesero se clôt sans poursuites

Vingt-quatre ans après le génocide au Rwanda, les juges d’instruction parisiens ont terminé leurs investigations sur de possibles responsabilités de l’armée française dans le massacre de Bisesero en juin 1994, sans prononcer d’inculpations, a-t-on appris vendredi de sources concordantes. Les parties civiles en ont été informées le 27 juillet par les juges du pôle « crimes contre l’humanité et crimes de guerre » de l’instruction, selon une source proche du dossier et une source judiciaire, qui ont confirmé des informations du site Mediapart.

L’absence de suspects mis en examen (inculpés) au terme d’une information judiciaire ouvre logiquement la voie à un non-lieu. Mais les parties civiles entendent déposer de nouvelles demandes d’actes, avant les réquisitions du parquet et la décision finale des juges d’instruction.

Depuis 2005, l’association Survie, la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH et LDH) et d’autres parties civiles accusent la force militaire française Turquoise d’avoir sciemment abandonné des centaines de Tutsis dans les collines de Bisesero (ouest), du 27 au 30 juin 1994, aux génocidaires alliés au pouvoir gouvernemental Hutu, qui bénéficiait d’un soutien de Paris depuis des années. Au total, le génocide au Rwanda fera 800.000 morts selon l’ONU, très majoritairement parmi les Tutsis.

Pendant l’instruction, quatre hauts-gradés français avaient été mis en cause et entendus par les juges sous le statut de témoin assisté, intermédiaire entre celui de simple témoin et celui de mis en examen.

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Les parties civiles avaient réclamé sans succès d’autres auditions et des confrontations. En 2017 notamment, les juges ont refusé d’entendre l’amiral Jacques Lanxade, ancien chef d’état-major des armées, et son adjoint de l’époque, le général Raymond Germanos, une décision confirmée quelques mois plus tard par la cour d’appel de Paris.

Survie, la FIDH et la LDH ont assuré dans un communiqué commun être « mobilisées pour éviter un déni de justice ».

« Nous avons le projet de faire des demandes de confrontations et de versement de pièces dans la procédure », a déclaré Me Eric Plouvier, avocat de l’association Survie.

« Il est inconcevable de clore le dossier sans avoir auditionné le chef d’état-major des armées et son adjoint de l’époque », a-t-il ajouté, estimant que ce « dossier ancien » ne méritait pas « le mépris judiciaire » dont il fait l’objet.​

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