Sahara occidental: l’ONU veut relancer le processus de paix

Sahara occidental: l’ONU veut relancer le processus de paix

L’émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental, l’Allemand Horst Kohler, a lancé cette semaine des invitations au Maroc et à l’Algérie à venir discuter en décembre à Genève de l’avenir de ce territoire, dans l’espoir de relancer un processus de paix au point mort depuis dix ans.

Les invitations ont été remises vendredi au Maroc, à l’Algérie, au Front Polisario et à la Mauritanie, selon des sources diplomatiques. Ces quatre parties, qui ont jusqu’au 20 octobre pour répondre, sont invitées à se retrouver les 4 et 5 décembre à Genève.

Selon l’une des sources diplomatiques, s’exprimant sous couvert d’anonymat, il ne s’agira pas « d’une réunion de négociations », mais d’une « table ronde ». « C’est une formule 2+2″, les deux parties au conflit Maroc et Polisario d’un côté, et les voisins Mauritanie et Algérie de l’autre, a expliqué une autre source, également sous couvert d’anonymat.

Pour le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie, les missives ont été envoyées aux ministres des Affaires étrangères. Le niveau des représentations qui pourraient se retrouver en Suisse à la fin de l’année n’est pas connu à ce stade.

Aucun commentaire n’a pu être obtenu dans l’immédiat auprès de l’ONU.

Nommé en 2017, l’ancien président allemand Horst Kohler a déjà rencontré les différentes parties au conflit en début d’année mais de manière séparée. Fin juin-début juillet, il avait effectué une tournée régionale qui l’avait conduit à Alger, Nouakchott, Tindouf, Rabouni, Rabat, Laayoune, Smara et Dakhla.

Le dernier round de négociations entre le Maroc et le Front Polisario remonte à 2008 et depuis la situation reste bloquée.

Cette année, l’Algérie avait fait savoir qu’elle refusait des négociations directes avec le Maroc, comme ce pays le souhaite depuis longtemps. Le conflit doit être réglé par les Sahraouis et le Maroc, estime Alger qui n’excluait cependant pas d' »accompagner » les deux parties dans leurs discussions.

– Etendue désertique –

Samedi, lors d’un discours devant l’Assemblée générale annuelle des Nations unies à New York, le chef de la diplomatie algérienne, Abdelkader Messahel, a réaffirmé que l’Algérie considérait que le réglement du conflit au Sahara occidental « ne pouvait être trouvé qu’à travers l’exercice, par le peuple du Sahara occidental, de son droit inaliénable et imprescriptible à l’autodétermination ».

L’Algérie espère une « reprise des négociations sans pré-conditions et de bonne foi entre les deux parties, le Royaume du Marocet le Front Polisario, pour parvenir à une solution politique mutuellement acceptable », a ajouté le ministre.

Mardi à la même tribune, le Premier ministre marocain Saad-Eddine el Othmani, avait jugé que le Sahara occidental était une « source d’instabilité et un obstacle à l’intégration du Maghreb ». Il avait demandé à l’Algérie de « prendre ses responsabilités politiques et historiques », accusant Alger d’être à l’origine de la crise.

Soutenu par l’Algérie, le Front Polisario indépendantiste réclame un référendum d’autodétermination pour le Sahara occidental, une étendue désertique de 266.000 km2, seul territoire de l’Afrique au statut post-colonial non réglé.

Le Maroc, appuyé par les Etats-Unis et la France, rejette cependant toute solution autre qu’une autonomie sous sa souveraineté.

Rabat avait pris à partir de 1975 le contrôle de la majeure partie du Sahara occidental au départ de la puissance colonisatrice espagnole. Le Polisario, qui luttait contre la domination espagnole, y a proclamé en 1976 une République arabe sahraouie démocratique et combattu les troupes marocaines, jusqu’à un cessez-le-feu conclu en 1991 sous l’égide de l’ONU.

L’opération de Casques bleus de l’ONU au Sahara occidental qui continuent de garantir ce cessez-le-feu n’a été renouvelée en avril par le Conseil de sécurité que pour seulement six mois suite à des pressions des Etats-Unis pour avancer vers une résolution du conflit.

Le Conseil de sécurité est à nouveau appelé à se prononcer sur une prolongation de la mission à la fin du mois d’octobre.

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