RDC: Menace de retrait du Congo de la CPI: l’Asadho rappelle le cas du Kasaï

RDC: Menace de retrait du Congo de la CPI: l’Asadho rappelle le cas du Kasaï

Par MFC.

A la suite de la menace, proférée samedi dernier par le ministère des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo (RDC), de retirer ce pays de la CPI (Cour pénale internationale), l’Asadho réagit en appelant la CPI à « accélérer les poursuites contre les autorités (…) impliquées dans les massacres au Kasaï ».

L’Asadho (Association africaine de défense des droits de l’homme) est une des deux associations de défense des droits de l’homme les plus connues en RDC, avec la Voix des Sans Voix (VSV). Dans un communiqué du 17 septembre à Kinshasa, elle a exprimé sa « surprise » de la menace de retrait de la CPI proférée par des autorités politiques congolaises « alors que certaines d’entre elles, ainsi que plusieurs autorités militaires et de la police, seraient impliquées dans les crimes et massacres perpétrés dans la région du Kasaï » en 2016 et 2017, « pour lesquels elles pourraient être poursuivies par cette cour ».

Un rapport accablant

L’Asadho rappelle le rapport « Massacres au Kasaï: des crimes contre l’humanité au service d’un chaos organisé » publié en décembre dernier par la FIDH (Fédération internationale des Ligues de défense des droits de l’homme) « dans lequel plusieurs responsables congolais sont mis en cause mais qui n’a jamais reçu une suite sérieuse de la part des autorités judiciaires » de RDC.

RDC: Massacres au Kasaï: crimes contre l’humanité pour un chaos organisé

Rappelons que l’Union européenne et les Etats-Unis ont imposé des sanctions à plusieurs personnalités congolaises, notamment en raison de leur rôle dans la terrible répression qui s’est abattue sur le Kasaï. Parmi celles visées spécifiquement pour leur rôle au Kasaï figurent le candidat du pouvoir à la présidentielle du 23 décembre prochain, Emmanuel Shadary Ramazani, alors ministre de l’Intérieur (également visé par des sanctions suisses), mais aussi Kalev Mutondo, directeur de l’Agence nationale de Renseignement; Évariste Boshab, ancien ministre de l’Intérieur; Éric Ruhorimbere, un officier de l’armée congolaise en poste au Kasaï; Alex Kande Mupompa, gouverneur de la province du Kasaï-central.

Consacrerait l’impunité

Considérant que la menace de retrait de la CPI est « de nature à consacrer l’impunité de certains Congolais », l’Asadho appelle la CPI « à accélérer les poursuites » contre les autorités congolaises impliquées dans les massacres du Kasaï, qui ont fait au moins 3000 morts et 1,4 million de déplacés. Malgré les proclamations de Kinshasa, les violences perpétrées lors de cette rébellion contre le pouvoir et surtout lors de sa répression, ne sont pas entièrement terminées.

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