Burundi: Human Rights Watch appelle à prolonger l’enquête de l’Onu

Burundi: Human Rights Watch  appelle à prolonger  l’enquête de l’Onu

MFC (Avec AFP).

L’organisation américaine de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) a appelé mardi à « prolonger l’enquête de l’Onu » sur le Burundi. Cette exhortation survient au lendemain de manifestations organisées au Burundi pour protester contre le dernier rapport de cette commission d’enquête, qui avait notamment dénoncé les « appels récurrents à la haine » du président burundais Pierre Nkurunziza et de présumés crimes contre l’humanité.

« Cette commission » d’enquête de l’Onu « est la plus solide – et l’une des rares – sources d’informations publiques sur les graves violations des droits humains qui sont commises dans le pays, parmi lesquelles des meurtres, des passages à tabac, des violences sexuelles, des emprisonnements arbitraires et des actes d’intimidation », écrit HRW.

Le Burundi est plongé dans une grave crise politique, humanitaire et économique depuis avril 2015, quand le président sortant Pierre Nkurunziza a annoncé son intention de briguer un troisième mandat, ce que lui interdisait expressément l’Accord de paix d’Arusha.

Sans relâche

Samedi des milliers de manifestants ont défilé dans plusieurs villes de province burundaises pour dénoncer le dernier rapport de la commission d’enquête de l’Onu, qui estimait que les graves violations des droits humains qui se produisent dans ce pays sont alimentées par les « appels récurrents à la haine » du président Pierre Nkurunziza. Ce rapport, publié le 5 septembre, affirme que ces graves violations des droits de l’Homme, dont des crimes contre l’humanité, se sont poursuivies sans relâche au Burundi en 2017 et 2018, commises en majorité par des membres du service national de renseignement, de la police et de l’armée ainsi que des Imbonerakure (ligue des jeunes du parti au pouvoir).

En revanche, à Bujumbura les manifestants pro-Nkurunziza n’étaient qu’un millier, selon des journalistes locaux.

Menaces du ministre contre les enquêteurs

Les autorités burundaises ont rejeté ce rapport et les manifestations de samedi ont constitué le point d’orgue d’une semaine de protestation. Bujumbura « dénonce et condamne fermement le rapport de la commission d’enquête sur le Burundi qui cache mal l’intention (…) d’intimider et d’arrêter les leaders clés des institutions (…) pour créer un vide institutionnel, empêcher la tenue des élections de 2020 et ainsi permettre au chaos de s’installer dans la région ».

Les trois membres de la commission d’enquête ont été déclarés « personae non gratae » et le ministre de l’Intérieur est allé jusqu’à les menacer: »Les experts qui ont osé citer le nom de son Excellence le président de la République (…) doivent demander pardon devant Dieu, sinon leur châtiment ne va pas tarder », a déclaré Pascal Barandagiye.

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