RDC: le Rassemblement de l’opposition en appelle à la solidarité africaine

RDC: le Rassemblement de l’opposition en appelle à la solidarité africaine

Malgré la mise au point de la Cenco, malgré la résolution 2348 de l’Onu, le gouvernement Kabila continuer de jouer la sourde oreille

ANALYSE

Le 24 avril devait être un jour de fête en République démocratique du Congo. C’est à cette date, en 1990, que le président Mobutu avait été contraint d’annoncer la naissance du multipartisme dans ce qui étit alors la Zaïre. Une date anniversaire qui revêtait un caractère particulier cette année pour l’opposition congolaise qui entend faire respecter la Constitution ratifiée en 2006 par le président Jospeh Kabila. Un président Kabila atteint depuis le 19 décembre dernier par la limite de deux mandats successifs, fixée dans la-dite Constitution, et qui multiplie les embuches pour aller aux élections.

Ce 20 avril, après quelques semaines de silence, les évêques congolais de la Cenco sont sortis de leur mutisme pour dire tout le mal qu’ils pensaient de la nomination, par le chef de l’Etat, de Bruno Tshibala au poste de Premier ministre. Une désignation qui démontrait toute la volonté du président et de son clan de se jouer de l’opposition mais aussi de leurrer la communauté internationale. En effet, selon les termes de l’accord de la Saint-Sylvestre, arraché au forceps par les évêques congolais, aux membres de la majortré présidentielle et au Rassemblement de l’opposition,  le Premier ministre d’un gouvernement au parfum d’union nationale devait être présenté par le Rassemblement de l’opposition. Or, Bruno Tshibala, et ce fait a été pointé par la communauté internationale, n’a pas été présenté par le Rassemblement de l’opposition mais bien par un ersatz de Rassemblement. Le Premier ministre lui-même savait qu’il ne pouvait plus se prévaloir de son étiquette de l’UDPS, principale formation de l’opposition et du Rassemblement dont il avat été exclus le 4 mars, soit plus d’un mois avant sa désignation le 7 avril.

Gagner du temps

Toute cette politique ourdie par la majorité avait trois objectifs principaux, tenter de diviser l’opposition, la décridibiliser aux yeux de la communauté africaine et internationale et, c’est devenu une habitude, gagner du temps. Une course à la lenteur qui doit aussi permettre au pouvoir en place d’invoquer « l’impossibilité calendrier » d’organiser les élections avant la fin décembre 2017, comme le prévoit l’accord de la Saint-Sylvestre, et, de facto, de permettre au président d’organiser un référendum qui lui permettrait de se maintenir au pouvoir.

La bombe des évêques

Un scénario qui ne tient compte que de la détermination du clan présidentiel de se maintenir en place mais pas de la volonté de l’opposition ni, encore moins, d’un sursaut des évêques congolais. En critiquant ouvertement la désignation de Bruno Tshibala comme Premier ministre, en critiquant le refus de la majorité d’avancer sur la désignation du président du comité national de suivi de  l’accord (CNSA), poste-clé parce qu’il aura notamment un droit de regard sur la Ceni chargée de l’enregistrement des futurs électeurs et de l’organisation des élections, le clergé catholique congolais a perturbé les plans du pouvoir en place et démontrer que les critiques jusque-là lancées par le seul Rassemblement de l’opposition étaient fondées.

Appel à la communauté internationale

Ce lundi, jour anniversaire d’un multipartisme de plus en plus menacé en République démocratique du Congo, le président du Rassemblement, Félix Tshisekedi en a profité pour lancer un appel solennel à la majorité présidentielle pour qu’elle s’investisse « dans la finalisation » de l’arrangement particulier qui doit notamment régler le mode de désignation du Premier ministre et du président du CNSA  « en vue de sa signature sous les bons offices du Secrétaire général des Nations Unies, conformément au point 7 de la résolution 2348″.

Et de poursuivre en lançant un appel aux chefs d’Etats africains, particulièrement aux présidents de l’Union africaine, de la SADC et de la CIRGL pour  qu’ils s’impliquent aux côtés du Secrétaire Général del’ONU, et dans le cadre de la résolution 2348 en vue du dénouement rapide de la crise congolaise ».

Le président du Rassemblement souhaite ainsi sensibiliser les présidents de la région à être attentifs à l’évolution de la situation en RDC et à faire pression sur le président Kabila pour qu’il finalise l’accord de la Saint-Sylvestre sur tous les points demeurés en suspens, notamment celui de la décrispation qui concerne les prisonniers politiques ou les opposants contraints à l’exil. Les cas de Jean-Claude Muyambo, l’ancien bâtonnier de Lubumbashi, et de Moïse Katumbi, ancien gouverneur du Katanga, sont évidemment deux éléments majeurs de cet accord. On sait désormais que les évêques de la Cenco, chargé d’examiner ces deux dossiers, ont remis leur rapport au président Kabila. Jusqu’ici, le chef de l’Etat congolais n’a pas daigné donné suite à ce document. La pression régionale pourrait le pousser à sortir de sa léthargie intéressée.

Le Rassemblement; par la voix de Félix Tshisekedi, lance aussi qu’il demeure « disposé à rencontrer le président Kabila pour discuter de ces points pendants » (nomination du Premier ministre et présidence du CNSA et décrispation).

Que pensez-vous de cet article?