Développement: l’aide au développement belge en baisse

Développement: l’aide au développement belge en baisse

L’aide publique belge au développement (APD) a baissé de 6% entre 2016 et 2017, souligne le Centre national de Coopération au développement (CNCD-11.11.11) dans son dernier rapport diffusé jeudi. Elle est ainsi passée de 2,08 milliards à 1,96 milliard d’euros, soit 0,45% du revenu national brut (RNB), très loin de l’objectif international de 0,7%, déplore la coupole de près de 90 ONG, syndicats et associations.

La Belgique est tombée à la onzième place du classement mondial des donateurs. Elle était encore sixième en 2010. Cette année-là, 0,64% du RNB était consacré à l’APB, soit un fifrelin en dessous de l’objectif de 0,7% fixé par la communauté internationale et réitéré dans le cadre des Objectifs de développement durable.

Sous la moyenne européenne

Plus remarquable encore, l’APB belge (0,45% du RNB) tombe pour la première fois sous la moyenne européenne (0,49%). Tout cela alors que la Belgique demeure le premier destinataire de sa propre aide au développement depuis 2015 – ce que le CNCD dénomme « l’aide fantôme »: les frais destinés à l’accueil des demandeurs d’asile sont comptabilisés dans ce budget (dont ils représentent 14%), selon les règles en vigueur au sein des Etats membres de l’OCDE.

La tendance ne devrait pas s’inverser dans l’immédiat, de nouvelles coupes budgétaires étant prévues dans l’accord de gouvernement pour 2018 et 2019.

Le secteur privé

De plus, les autorités entendent laisser une part croissante de l’aide au développement au secteur privé via le mécanisme du blending, censé utiliser les fonds publics comme levier pour attirer des investissements. Une stratégie au sujet de laquelle le CNCD se montre sceptique. D’abord parce qu’aucune étude n’a permis d’analyser l’impact de ce mécanisme. Ensuite, parce que les pays les moins avancés « sont de petites économies et qu’elles ne sont pas très attractives pour les investissements extérieurs (et même domestiques) », stipule le rapport. Le soutien à l’économie sociale s’avère bien plus efficace, estime l’association.

Parmi les points positifs, le CNCD retient que la Belgique figure parmi les meilleurs élèves en matière de déliement de l’aide. Quelque 95% de l’aide au développement belge ne dépendent pas d’un retour financier pour nos entreprises, indique Arnaud Zacharie, secrétaire général du CNCD.

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