Angola: le président Lourenço maintenant seul à la barre

Angola: le président Lourenço maintenant seul à la barre

Par Marie-France Cros.

Ce week-end, le président angolais, Joao Lourenço, a été élu à la tête du MPLA (parti au pouvoir depuis l’iindépendance, en 1975), où il remplace l’ex-président Eduardo Dos Santos. Ce dernier perd ainsi son dernier poste. Il avait quitté la présidence de la République il y a un an, après avoir régné pendant 38 ans sur l’Angola.

Joao Lourenço, 64 ans, était le seul candidat à la succession de M. Dos Santos, 76 ans et en mauvaise santé; il a, logiquement, été élu par 98% des voix, lors d’un congrès extraordinaire du parti. Ce dernier n’avait remporté que 48% des voix à Luanda lors des législatives d’août 2017, ce qui n’avait pas manqué de convaincre le parti, unique ou hégémonique depuis l’indépendance, de la nécessité d’un changement.

Diversifier l’économie

Ce dernier a été mené, depuis un an, par le président Lourenço. Celui-ci, qui a encore fustigé le « népotisme » lors de son discours devant le MPLA, a en effet limogé, depuis un an, presque tous les proches et les deux enfants Dos Santos qui occupaient des postes stratégiques. Une enquête judiciaire a été ouverte contre l’aînée, Isabel Dos Santos – jusqu’ici la femme la plus riche d’Afrique et symbole du népotisme du régime – pour sa gestion de la compagnie nationale des pétroles, Sonangol, qu’elle dirigeait et qui fournit 70% des devises de l’Angola. Et son frère José Filomeno, désormais ex-directeur du Fonds souverain angolais (5 milliards de dollars), a été inculpé de détournement de fonds publics.

Certains observateurs notent cependant que la lutte anti-corruption annoncée et menée par le président Lourenço ne vise jusqu’ici que les proches de son prédecesseur – qui l’a publiquement jugée trop « radicale » il y a quelques mois. Alors que le chef d’Etat vient d’obtenir du FMI (Fonds monétaire international) un prêt de 4,5 milliards de dollars pour relancer l’économie, mise à mal par la chute des cours du pétrole en 2014, il est important qu’elle s’étende, afin d’assainir l’Etat. Et que le Président travaille à la diversification de l’économie, trop dépendante de l’or noir, s’il veut embarquer l’Angola sur la voie du développement. Faute de quoi, ce pays risque de sombrer dans une crise à la vénézuélienne.

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