De passage à Pretoria, Reynders évoque la très controversée réforme agraire sud-africaine

De passage à Pretoria, Reynders évoque la très controversée réforme agraire sud-africaine

La réforme agraire en Afrique du Sud, qui déchaîne passions et controverses, a été abordée lundi lors d’un entretien à Pretoria entre le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, et son homologue sud-africaine, Lindiwe Sisulu. « Une solution équilibrée impliquant toutes les parties » doit être trouvée, a insisté le chef de la diplomatie belge. La redistribution des terres dans la nation arc-en-ciel est un sujet éminemment sensible. A quelques mois d’élections cruciales, la question cristallise les tensions depuis que l’ANC, le parti majoritaire, a indiqué songer à introduire une mesure « d’expulsion sans dédommagement ».

Vingt-quatre ans après la fin de l’apartheid en 1994, la minorité blanche – environ 8% de la population sud-africaine – détient toujours 72% des fermes du pays. La majorité noire, soit 80% de la population, n’en possède quant à elle que 4%.

Fin juillet, le président Cyril Ramaphosa, qui a succédé en février au sulfureux Jacob Zuma, a annoncé vouloir amender la Constitution pour permettre d’expulser sans compenser. Bien que le gouvernement assure qu’il visera en priorité les terres non utilisées, la mesure effraie les Blancs et les milieux d’affaires.

Pour l’heure, les autorités locales ont lancé des consultations publiques sur leur projet.

De passage à Pretoria, le ministre belge Didier Reynders a souligné qu’il convenait de trouver « une solution équilibrée » à cette problématique. « Il faut absolument que tout soit fait dans un processus de réconciliation et que toutes les parties soient consultées », a-t-il insisté, assurant au passage que la Belgique était disposée à soutenir l’Afrique du Sud.

Depuis la fin du régime d’apartheid, les autorités belges ont déjà accordé des aides cumulées pour un total de 30 millions d’euros – via la coopération belge – afin de favoriser le succès de la redistribution des terres dans le pays.

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Alors que plusieurs cas de violences à l’encontre d’agriculteurs blancs dans des zones rurales ont été rapportés ces dernières années, M. Reynders a appelé les autorités sud-africaines à démontrer avec force « leur refus » de tels actes et à s’assurer que « des poursuites soient engagées » envers les responsables.

« Il faut que les autorités aient la capacité d’en parler ouvertement », a estimé le ministre belge.

D’après lui, il convient entre autres qu’elles expliquent mieux la teneur de leur réforme et mettent en perspective la part de ces violences par rapport à la criminalité globale dans le pays.

De son côté, la ministre Sisulu a reconnu que le gouvernement dont elle est membre devait faire oeuvre d’éducation en expliquant mieux sa politique en matière de redistribution des terres.

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