Félix Tshisekedi : « Kabila ne peut être l’arbitre »

Félix Tshisekedi : « Kabila ne peut être l’arbitre »

Pour Félix Tshisekedi, « le clan présidentiel a tout fait pour tuer l’accord de la Saint-Sylvestre ».

Félix Tshisekedi, le fils du leader de l’opposition décédé le 1er février dernier à Bruxelles, est pressenti par le Rassemblement de l’opposition comme le futur Premier ministre du gouvernement de large ouverture devant amener la République démocratique du Congo à la présidentielle. Un gouvernement qui n’a toujours pas vu le jour, la majorité du président Kabila ayant notamment refusé que son leader se voie contraint de nommer ce Premier ministre présenté par le Rassemblement de l’opposition, sans avoir un droit de regard.

Etes-vous toujours candidat au poste de Premier ministre ?

Je n’ai jamais été candidat. Ce sont les amis du Rassemblement qui ont voulu que ce soit moi et je l’accepte. Mais, en même temps, je n’en fais pas un problème personnel. Aujourd’hui, le vrai combat est celui de la mise en œuvre de l’accord de la Saint-Sylvestre.

Vous croyez toujours dans l’application de cet accord ?

On n’a pas le choix. Et nous avons été réconfortés par la résolution 2348 qui vient d’être votée aux Nations unies. Une résolution qui insiste pour la mise en œuvre de cet accord. Pas pour faire plaisir à l’un ou à l’autre mais parce que ce texte est le seul élément qui donne un peu de légitimité aux acteurs que nous sommes pour mener la transition et aller vers l’alternance.

Qu’est-ce qui bloque ?

Le clan Kabila. Il a tout fait pour tuer cet accord.

Le président Kabila consulte pour l’instant les acteurs politiques, vous n’en êtes pas ?

Ces consultations, c’est encore de la poudre aux yeux. L’accord de la Saint-Sylvestre est limpide. Les négociations doivent se dérouler entre le clan de Kabila et le Rassemblement de l’opposition. Le reste est sans valeur.

Et si cet accord n’est pas appliqué ?

Ce sera le chaos. Je n’en veux pas. Les Congolais ont suffisamment souffert. Le Rassemblement a adopté des positions très constructives mais nous avons en face de nous des gens qui ne veulent rien entendre et sont prêts à toutes les folies pour conserver leur pouvoir. Kabila veut se présenter en arbitre alors qu’il est la cause du problème.

Vous avez annoncé dimanche que la dépouille de votre père serait finalement inhumée au Kasaï…

J’ai discuté à plusieurs reprises avec le ministre de l’Intérieur qui laissait entendre qu’on pouvait avancer sur ce dossier et finalement, il n’a jamais rien fait. Il m’a baladé. Il a baladé l’UDPS. Il s’est moqué de mon père. On a donc décidé qu’il serait enterré chez lui, au Kasaï. Nous allons demander l’assistance de la Monusco et nous demanderons à nos combattants de l’UDPS de veiller à ce que l’hommage au président ne soit pas terni par des excès en tous genres.

Le Kasaï est secoué par de terribles violences…

Le Kasaï est très grand et Mbuji May, où mon père sera enterré, est relativement épargné par ses violences. Mais ce qui se passe ailleurs au Kasaï est absolument inadmissible et démontre au moins la faiblesse du pouvoir de l’Etat, si pas sa volonté de mettre le feu au pays entier. Et ce qui se passe au Kasaï, se déroule aussi dans d’autres provinces. Le pouvoir a abandonné le Congo, il sème la mort et la misère. Le président de la République est censé être le garant du respect de la Constitution. Mais Joseph Kabila la foule aux pieds jour après jour. Il n’y a aucun respect ni pour le texte, ni pour la vie des

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