Tricheries et corruption plombent une fois encore le football béninois

Tricheries et corruption plombent une fois encore le football béninois

Le football béninois n’en finira donc jamais avec les crises. La fédération devait tourner la page d’années de crises, de menaces de suspensions et de suspicions de fraudes avec l’arrivée fin août d’un nouveau président. Mais quelques jours après son élection, les problèmes l’ont déjà rattrapé.

A peine arrivé à son poste de président, Mathurin de Chacus a d’ailleurs suspendu tout le personnel de la Fédération béninoise de football (FBF). De Chacus, patron du club des Dragons de l’Ouémé de la capitale de Porto-Novo et riche opérateur économique, avait annoncé vouloir « mettre un terme à la corruption, l’improvisation et l’amateurisme » au sein du football béninois.

Il a également promis de « renouer avec les compétitions aussi bien au plan national qu’international », après des années d’absence du petit pays d’Afrique de l’Ouest sur les pelouses du continent.

Mais au lieu de pouvoir se concentrer sur cette ambition, le nouveau président entame son mandat embourbé dans deux lourdes affaires.

La semaine dernière, le Bénin s’est retrouvé exclu de la Coupe d’Afrique des Nations 2019 des moins de 17 ans, après que 10 joueurs de l’équipe cadette ont menti sur leur âge avec la complicité de plusieurs responsables de la fédération et plusieurs membres du comité exécutif qu’il préside.

– « Honte nationale » –

Les joueurs ont été interpellés par la police à leur descente d’avion, de retour de Niamey où ils devaient prendre part aux qualifications de la Can U-17 en Tanzanie.

A leur suite, le médecin de l’équipe et la responsable d’une unité d’IRM à Cotonou, de même que des cadres du Ministère des sports et des responsables au niveau de la direction de l’immigration, ont été aussi placés en garde en vue pour que « la lumière soit faite sur cette affaire » qu’il a qualifiée de « honte nationale ».

Joueurs et dirigeants fautifs ont été mis sous mandat de dépôt, d’autres ont été mis sous convocation dans la soirée du vendredi 7 septembre alors que la justice annonce poursuivre les enquêtes.

Quelques jours plus tard, l’ancien président de la FBF Anjorin Moucharafou était interpellé à son tour, accusé de vol de matériel sportif.

Celui-ci – qui a passé deux décennies aux avant-postes de la fédération en tant que président ou vice-président – avait déjà été arrêté en juillet 2011.

Accusé de malversations financières pour un montant d’environ 300 millions de FCFA (450.000 euros) relatives à la participation du Bénin à la Coupe d’Afrique des Nations en Angola en 2010, il avait été mis en prison avant d’être relaxé plus tard et de retrouver son poste.

En décembre 2010, douze membres du Comité exécutif de la FBF démissionnaient, reprochant au président Moucharaf sa « gestion solitaire ».

« Depuis le renouvellement de votre mandat, force est constater l’impossibilité d’un exercice serein de notre mission », avait écrit le collectif des membres ayant présenté leur démission.

– « Laver son honneur » –

Moucharafou s’est récemment satisfait « de se décharger de ses fonctions avec un sentiment de satisfaction totale », mais la ‘Fébéfoot’ a hérité d’une très mauvaise réputation, avec des accusations de trucages de matchs et de tentatives de corruption des arbitres.

Le pays a été totalement suspendu par la Fifa en 2004, et plusieurs fois menacé d’une telle sanction – rare dans le monde du football – entre 2010 et 2013.

En 2016, l’équipe junior a été empêchée de participer à toute compétition et en décembre de la même année, le président du Bénin Patrice Talon avait conduit une médiation visant la mise sur pied d’un Comité exécutif de transition pour en finir avec « un football moribond ».

Cette fois encore, le ministre des Sports qui « tient à laver son honneur » regrette que le Bénin soit devenu « la risée de la communauté internationale ».

« Les responsabilités seront situées » afin que « de tels actes ne reprennent plus jamais », a-t-il assuré le weekend dernier, lors d’une conférence de presse.

Reste à savoir si la CAF et la Fédération internationale de football vont sanctionner à nouveau le pays, au moment où il tente de se redresser et de remettre de l’ordre dans ses rangs.

Le Bénin n’a participé que trois fois à la coupe d’Afrique des nations et n’a jamais réussi à dépasser le second tour de la compétition.​

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