Didier Reynders entame lundi le volet politique de sa mission en Afrique du Sud

Didier Reynders entame lundi le volet politique de sa mission en Afrique du Sud

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, actuellement en visite de travail en Afrique du Sud, s’entretiendra lundi à Pretoria avec son homologue Lindiwe Sisulu, mais aussi avec l’ancien président de la nation arc-en-ciel Thabo Mbeki. Après des rencontres samedi et dimanche avec les communautés belges présentes dans le pays d’Afrique australe, le chef de la diplomatie va désormais entamer le volet plus politique de sa mission.

Avec Mme Sisulu, il signera notamment un MoU (Memorandum of understanding) destiné à améliorer la coopération entre la Belgique et l’Afrique du Sud dans la perspective de leur présence simultanée au Conseil de Sécurité des Nations Unies en 2019 et 2020.

Cet aspect est particulièrement important au vu du poids de Pretoria en tant qu’acteur sur le continent africain, mais aussi de la grande proportion de dossiers – entre 70 et 80% – abordés au Conseil qui concernent directement des pays d’Afrique.

Pour la nation arc-en-ciel, dont la crédibilité internationale a été mise à mal sous la présidence de Jacob Zuma (2009-2018), ce siège au sein de l’organe exécutif onusien constituera une véritable occasion de se réaffirmer dans le ballet des nations. En effet, après des années marquées par de faux pas diplomatiques et des affaires de corruption, le nouveau chef d’Etat Cyril Rampahosa compte bien redorer le blason de son pays sur la scène internationale.

Outre la collaboration aux Nations Unies, les relations bilatérales seront abordées lors de l’entretien entre M. Reynders et Mme Sisulu. La Belgique constitue entre autres l’un des plus importants pourvoyeurs européens de touristes en Afrique du Sud. L’an dernier, environ 54.000 personnes en provenance du Royaume sont en effet venues découvrir les joyaux des patrimoines culturel et naturel du pays.

Les échanges commerciaux entre les deux Etats, qui représentaient environ quatre milliards d’euros en 2017, devraient aussi être évoqués. Pour l’heure, la Belgique importe plus qu’elle n’exporte en Afrique du Sud. Les diamants constituent une part considérable de ces importations.

Le renforcement des relations commerciales constitue un enjeu d’importance tout particulier pour l’Afrique du Sud, qui a annoncé la semaine dernière un recul de son produit intérieur brut (-0,7%) pour le second trimestre consécutif, ce qui la place techniquement en situation de récession pour la deuxième fois en deux ans, illustration de sa fragilité récurrente. Depuis plusieurs années, le pays le plus industrialisé du continent se débat avec une croissance molle et un taux de chômage record à 27,7%.

Le président Ramaphosa, qui a succédé en février au sulfureux Jacob Zuma, a promis de relancer l’économie, notamment en dopant les investissements étrangers, et d’éradiquer la corruption qui gangrène son pays. Il tente à tout prix d’éviter une nouvelle dégradation de la note financière de son pays par les agences de notation, qui l’avaient précipité en 2017 dans les catégories spéculatives.

Avec la ministre Sisulu, Didier Reynders évoquera enfin des thématiques régionales spécifiques, telles que les situations au Burundi et en République démocratique du Congo (RDC). Ce dernier point sera aussi probablement au menu de son entretien avec l’ancien chef de l’Etat Thabo Mbeki (1997-2007).​

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