Manifestations contre la « machine à voter », des militants interpellés

Manifestations contre la « machine à voter », des militants interpellés

Des militants du mouvement Lutte pour le changement (Lucha) ont été dispersés ou interpellés lundi lors des manifestations contre la « machine à voter » dans plusieurs villes de République démocratique du Congo (RDC), à moins de quatre mois de la présidentielle qui doit élire le successeur du président Joseph Kabila.

A Kinshasa, capitale de la RDC, aux environs de 09h00 (10h00 HB), une vingtaine de militants du mouvement pro-démocratie Lucha ont été interpellés par la police devant le siège de la commission électorale nationale indépendante (Céni), selon plusieurs témoignages recueillis par l’AFP. « Les jeunes de Lucha sont venus, ils n’avaient pas peur, ils sont allés jusque devant la Céni en scandant: non à la machine à voter, non à la machine à voter », a témoigné un vendeur des carte téléphonique à quelques mètres du bâtiment de la Céni. « Ils ont été interpellés sans opposer de résistance, ils ont été jetés dans une jeep de la police » qui les a amenés vers une destination inconnue, a ajouté un autre témoin, un vendeur des livres. Une présence policière importante était visible aux abords de la Céni, a constaté une journaliste de l’AFP.

A Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu (est), une manifestation de Lucha a violemment été dispersée par les forces de l’ordre. Plusieurs militants ont été bastonnés et d’autres interpellés, selon un correspondant de l’AFP. « Nous avons rétabli l’ordre public, il y a une vingtaine des jeunes interpellés », a déclaré à l’AFP le commandant de la police de Goma, le colonel Job Alisi. « Je n’ai pas autorisé la marche d’aujourd’hui, la police n’a fait que son travail de rétablir l’ordre », a dit de son côté le maire de Goma, Timothée Mwissa Kiense. Lucha avait appelé à des marches le 3 septembre pour exiger l’abandon des « machines à voter » lors des élections du 23 décembre en RDC.

Ces machines de fabrication sud-coréenne, qui servent à choisir les candidats et à imprimer les bulletins de vote, sont au coeur d’une controverse entre la commission électorale et l’opposition. Un nouveau lot de machines à voter attendu du 9 au 12 septembre, selon la Céni.

Jeudi, la Céni avait dénoncé un « débat politique » et des « intoxications » au sujet des machines à voter et du fichier électoral.

Le président Kabila, dont le second mandat s’est achevé le 19 décembre 2016 et qui ne pouvait pas se représenter, a désigné comme candidat de son parti pour l’élection Emmanuel Ramazani Shadary, ancien ministre de l’Intérieur.

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