RDC : main tendue et mise en garde européennes

RDC : main tendue et mise en garde européennes

L’Union européenne « reste disposée à appuyer le processus électoral en concertation avec les acteurs congolais concernés », a indiqué jeudi un porte-parole du service européen d’action extérieure, alors que Kinshasa a martelé ces derniers jours sa volonté de tenir les « envoyés spéciaux » et autres « observateurs » à distance des élections.

En juillet, le président sortant Joseph Kabila affirmait déjà que le processus électoral serait « entièrement financé par l’Etat congolais« , pour l’affranchir « des contingences du financement extérieur et, par conséquent, des chantages de tous genres« .
Les autorités congolaises ont ensuite rejeté plusieurs offres d’aide provenant d’organisations internationales et de pays voisins. La semaine dernière, Kinshasa a encore refusé la nomination de l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki comme « envoyé spécial » en RDC.
« Je peux vous dire qu’il n’y aura plus d’envoyés spéciaux en RDC, fussent-ils Thabo Mbeki », avait alors déclaré le conseiller diplomatique du président, Barnabé Kikaya Bin Karubi. Ces envoyés « ont tendance à se comporter comme les proconsuls. Ils ne respectent pas l’autonomie de la RDC. Nous voulons marquer notre souveraineté« , avait pour sa part ajouté le ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende Omalanga.
En coullisses, à Kinshasa, certains aimaient rappeler que « Thabo Mbeki n’est pas plus grand et bien moins puissant qu’Antonio Guterres, le patron des Nations unies. Si Guterres n’est pas entré en RDC ,Mbeki n’entrera pas non plus ». 
Quelques jours plus tôt, la commission électorale avait de son côté indiqué qu’elle se passerait des avions et des hélicoptères de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) pour le déploiement de ses « machines à voter » aux quatre coins du pays (2,3 millions de km2, quelque 40 millions d’inscrits).
Dans ce contexte, la main tendue ce jeudi par l’UE pourrait bien ne pas trouver preneur dans la capitale congolaise. L’envoi d’une éventuelle mission d’observation électorale de l’Union africaine ou de l’Union européenne apparaîtrait dès lors « compliqué« .
« On souhaite évidemment une observation de l’Union européenne. Mais pour cela, il faut une invitation de Kinshasa. Vu le climat ambiant, ça me paraît peu probable« , expliquait récemment un diplomate.
Cette proposition européenne s’accompagnait d’une piqûre de rappel aux autorités congolaises. Une fois de plus, l’UE félicite le présient Kabila pour ne pas s’être représenté à la présidentielle. Dans la foulée, elle a tenu à rappeler que ce retrait du président, hors mandat depuis près de 2 ans, n’était pas une fin en soi et que d’autres obstacles subsistaient encore pour aboutir à un scrutin apaisé et réellement ouvert seule garantie pour un avenir serein dans ce pays. Et de rappeler le contenu de l’Accord de la Saint-Sylvestre, loin d’être une réalité, l’absence de consensus sur la machine à voter et la nécesité de revoir le fichier électoral suite aux critiques des experts de l’Organisation internationale de la francophonie.

Que pensez-vous de cet article?

Derniers Articles

Journalistes

Dernières Vidéos