Bosco Ntaganda : « Je suis un révolutionnaire, pas un criminel »

Bosco Ntaganda : « Je suis un révolutionnaire, pas un criminel »

L’ex-chef de guerre congolais Bosco Ntaganda s’est défini comme un « révolutionnaire » et non un criminel jeudi, lors de la dernière phase de son procès pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité devant la Cour pénale internationale (CPI). Bosco Ntaganda est accusé d’avoir recruté des enfants soldats et d’avoir commandité des meurtres, pillages et viols commis par ses troupes en 2002-2003 en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). Plus de 60.000 personnes ont perdu la vie depuis 1999 et l’éclatement de violences dans la région, selon des ONG.

« Je suis un révolutionnaire, mais je ne suis pas un criminel », a déclaré l’ex-rebelle lors des plaidoiries finales après plus de trois ans de procès.
L’homme à la moustache en trait de crayon, aujourd’hui âgé de 44 ans, a plaidé non coupable.
S’exprimant en kinyarwanda, sa langue natale, Ntaganda a confié aux juges que témoigner lors de son propre procès était « une expérience enrichissante » qu’il n’oublierait « jamais ».
« Je suis en paix avec moi-même. Ces allégations ne sont rien de plus que des mensonges », a déclaré le Congolais, vêtu d’un costume bleu foncé et d’une cravate à motif de diamant bleu.
Lors de l’ouverture des déclarations finales mardi devant la CPI qui siège à La Haye, où l’ex-chef de guerre est détenu depuis 2013, l’accusation avait dressé un tableau épouvantable des exactions présumées commises sous ses ordres, comme des exécutions à coups de machette.
« Certaines personnes ont été éventrées, même des femmes enceintes », selon l’accusation, citant un témoignage fait durant le procès.
Né au Rwanda, où il a fait ses armes avec le Front patriotique rwandais (FPR, l’ex-rébellion tutsi au pouvoir depuis 1994 à Kigali), Ntaganda, issue d’une famille tutsi, général de l’armée congolaise de 2007 à 2012, avait la réputation d’être un leader charismatique avec un penchant pour les chapeaux de cow-boy et la gastronomie.
Les juges de la CPI pourraient ne pas rendre leur verdict avant des mois. Une décision qui sera suivie avec une attention soutenue, après l’acquittement surprise par la chambre d’appel de la CPI, en juin, du Congolais Jean-Pierre Bemba, condamné en première instance à 18 ans de prison pour des crimes commis par ses troupes en Centrafrique.

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