RDC: les déplacés du Tanganyika doivent rentrer chez eux

RDC: les déplacés du Tanganyika doivent rentrer chez eux

Les autorités ont commencé l’évacuation des camps de déplacés dans la province du Tanganyika (sud-est de la République démocratique du Congo) théâtre d’un conflit entre Bantous et Pygmées en 2016, a-t-on appris de source officielle et auprès des déplacés. Le conflit a provoqué des mouvements de populations fuyant les violences, avec encore 631.000 déplacés au 31 juillet, d’après le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies.

« Les déplacés internes doivent retourner dans leur villages d’origine parce que les conditions sécuritaires nécessaires sont déjà réunies sur l’étendue de la province », a récemment déclaré à la presse le gouverneur du Tanganyika, Richard Ngoy Kitangala.

A deux reprises, un déplacé du camp de Katanika a joint l’AFP pour dénoncer son évacuation.

« L’opération devrait se passer sur une base volontaire et non sur base d’intimidation et de violation de droit de l’homme », a réagi une source de la société civile qui a requis l’anonymat auprès d’un correspondant de l’AFP.

« Je suis ravi de rentrer chez moi à Mushoshi dans la localité de Tabac-Congo pour y mener des activités champêtres », a déclaré au contraire Elizabeth Kyabu, mère de trois enfants qui vivaient dans le camp Moni depuis plusieurs mois.

Selon les autorités, un kit de réinsertion sera remis aux déplacés une fois arrivé dans leur villages.

Les douze camps autour de Kalemie abritaient quelque 67.000 déplacés bantous, selon un chiffre communiqué à l’AFP fin mars.

Le conflit séculaire entre Bantous (majoritaires) et Pygmées (minoritaires) avait repris entre 2016-2017. S’estimant mise à l’écart de la société, les Pygmées avancent plusieurs revendications: ne plus dépendre des chefs bantous, pouvoir accéder aux postes de responsabilités et aux terres, et avoir la possibilité d’épouser des femmes bantoues.

Un « forum sur la paix et la réconciliation » avait eu lieu en février 2017 à Kalemie.

Joint par l’AFP, le bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) n’avait pas lundi d’éléments sur la relocalisation des déplacés.​

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