RDC : Le général Kanyama bouté dehors

RDC : Le général Kanyama bouté dehors

Le général Célestin Kanyama, chef de la police de Kinshasa visé par des sanctions financières européennes et américaines, a été limogé et remplacé par l’un de ses adjoints, a annoncé lundi le porte-parole de la police congolaise.

« Le colonel Elvis (Palanga Nawej, NdlR) a été désigné commissaire provincial ad intérim de la police nationale congolaise (pour la) ville-province de Kinshasa », a précisé à l’AFP le colonel Pierre-Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police congolaise, dans un message laconique. « Il n’y a pas d’autres communications à faire à ce sujet », a-t-il ajouté, refusant de préciser les raisons de la chute du général Kanyama, ni si le général, surnommé « trompe la mort » avait été relevé définitivement de son poste ou simplement suspendu. Du côté gouvernemental, pas la moindre explication non plus alors qu’une décision de ce type dépend, normalement de lui.

Le nouveau promu, le commissaire supérieur principal Elvis Palanga Nawej passe pour être plutôt bien vu de la population de Kinshasa. Il a une image d’homme de terrain, proche de ses hommes. Comme son prédécesseur, il n’est pas rare de le voir monter en première ligne.

Sanctions internationales

Le général Kanyama, 54 ans dont près de 20 dans la police congolaise, a été ciblé, en décembre dernier, après la répression des manifestations populaires à Kinshasa en septembre 2016 (qui, selon l’Onu et diverses organisations de défense des droits de l’homme, ont fait une cinquantaine de morts les 19 et 20 septembre),  par un gel de ses éventuels avoirs en Europe et par une interdiction de voyager dans l’Union européenne. Une sanction prise par les ministres des Affaires étrangères des pays de l’UE.

Une décision qui faisait écho à celle prise en juin 2016 par les Etats-Unis. Washington lui avait reproché d’être « responsable ou complice d’actes de violences et d’enlèvements (…) ciblant des civils » lors de la répression de manifestations hostiles à un projet de réforme électorale voulu par le pouvoir du président Joseph Kabila, qui ont fait plusieurs dizaines de morts   en janvier 2015, et lors d’une opération contre le banditisme armé, au cours de laquelle, selon les Nations unies, au moins 41 personnes avaient disparu ou trouvé la mort du fait de bavures policières entre fin 2013 et début 2014.

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