La CPI veut punir Pretoria pour n’avoir pas arrêté el-Bechir

  • Dans Soudan
  • 7 avril 2017
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La CPI veut punir Pretoria pour n’avoir pas arrêté el-Bechir

L’Afrique du Sud présente sa défense à La Haye.

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), la Gambienne Fatou Bensouda – qui fut ministre de la Justice du dictateur Yahya Jammeh – a demandé le renvoi de l’Afrique du Sud devant le Conseil de sécurité de l’Onu pour n’avoir pas arrêté, lors d’un sommet de l’Union africaine en 2015, le dictateur soudanais Omar el-Bechir. C’est ce vendredi que Pretoria va présenter sa défense devant la CPI.

M. el-Bechir fait l’objet de deux mandats d’arrêt internationaux émis par la CPI depuis 2009 et 2010, pour sa responsabilité dans des crimes de guerre et contre l’humanité au Darfour (ouest du Soudan).

Toutefois, l’Union africaine a demandé à ses membres de ne plus collaborer avec la CPI en raison de l’obstination de celle-ci à ne poursuivre que des Africains; depuis lors, une exception a été enregistrée, avec l’ouverture de poursuites contre la Géorgie. Mais des dirigeants africains ont dénoncé une « chasse raciale » dans l’attitude de la CPI et plusieurs pays ont entamé les démarches pour se retirer du Statut de Rome, qui crée la CPI.

L’Afrique du Sud en fait partie, mais un juge sud-africain, saisi par l’opposition, a jugé en février dernier que la manière dont la procédure avait été lancée était “inconstitutionnelle” et donc “invalide”. On ignore si elle va être relancée.

Si la CPI renvoyait l’Afrique du Sud devant le Conseil de sécurité de l’Onu, ce dernier pourrait prendre des sanctions contre Pretoria. Mais de nombreux pays ont refusé d’arrêter el-Bechir depuis sept ans. La CPI a renvoyé devant le Conseil de sécurité de l’Onu certains d’entre eux – Tchad, Ouganda, Djibouti – mais New York ne s’est toujours pas prononcé sur d’éventuelles sanctions à leur égard.

La plupart des pays africains et européens sont membres du Statut de Rome mais pas les Etats-Unis, la Russie, la Chine ni une série d’autres nations. Il semble diplomatiquement difficile que le Conseil de sécurité condamne un pays pour désobéissance à la CPI alors que la majorité de ses membres permanents ne lui obéissent pas non plus.

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