Kinshasa suspend la coopération militaire belge

Kinshasa suspend la coopération militaire belge

Conséquence de la critique belge à l’égard de la désignation d’un Premier ministre qui remet en question l’accord de la Saint-Sylvestre

C’est notre consœur “Jeune Afrique” qui l’a annoncé jeudi soir: le gouvernement congolais a suspendu mardi dernier la coopération militaire belgo-congolaise, avec effet immédiat, au moyen d’une lettre à l’attaché de Défense belge à Kinshasa.

Cette décision survient quelques jours après que le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, eut jugé que la nomination d’un transfuge de l’UDPS comme Premier ministre, le 7 avril, n’obéissait pas à l’Accord de la Saint-Sylvestre, qui partage le pouvoir entre majorité présidentielle et opposition après la fin du dernier mandat légal du président Joseph Kabila, hors mandat depuis le 20 décembre dernier. La mise en oeuvre de cet Accord est considérée comme une “priorité” par le Conseil de Sécurité de l’Onu. Quelques jours aussi après que la Défense belge eut accepté la demande de la diaspora kasaïenne d’envoyer un convoi humanitaire au Kasaï, où la population est de plus en plus nombreuse à accuser des notables d’attiser les violences.

“C’est le Congo qui y perd”

A la rue des Petits Carmes, on ne s’excite pas: c’est une affaire qui concerne la Défense, souligne-t-on. La Défense, quant à elle, va gérer de manière “technique” les conséquences de la décision congolaise. Elle assure au Congo des missions de formation militaire et de génie civil (reconstruction d’infrastructures, réparations…) qu’il faudra voir comment abandonner. “C’est le Congo qui y perd, pas la Belgique”, souligne une de nos sources.

La décision rappelle les dernières années Mobutu, qui supprima la coopération belge, au grand dommage du Zaïre, parce que Bruxelles le critiquait.

Alors que le régime de Kinshasa n’a plus d’autre légitimité que l’Accord de la Saint-Sylvestre, qu’il tente de contourner, et qu’il a, par la force et l’instrumentalisation de la justice, pratiquement écrasé l’opposition, il se retrouve assez isolé sur la scène internationale. Il tente donc de susciter la solidarité des Etats africains en ciblant l’ex-colonisateur au nom de la “souveraineté nationale” – si souvent oubliée par Kinshasa à l’heure d’établir d’opaques contrats miniers. Il vise donc la Belgique, même si M. Reynders n’a rien dit d’autre que l’Union européenne, les Etats-Unis et la France.

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