Le portrait de Shadary par Human Rights Watch

Le portrait de Shadary par Human Rights Watch

Dans son rapport du 1er juin 2017, suite aux sanctions européennes contre neuf personnalités en vue en République démocratique du Congo, l’ONG Human Rights Watch a tiré le portrait d’Emmanuel Shadary Ramazani. Un portrait peu flatteur dans lequel il apparaît comme l’un des principaux responsables des exactions commises dans différents endroits du pays et comme un artisan du glissement qui a permis à Joseph Kabila de se maintenir deux ans de plus au pouvoir.

« En sa qualité de vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et de la Sécurité depuis la fin du mois de décembre 2016, Ramazani Shadary est officiellement en charge des services de police et de sécurité et de la coordination du travail des gouverneurs provinciaux. À ce titre, il est en partie responsable de l’échec du gouvernement à faire cesser l’usage d’une force excessive par l’armée et la police dans la région du Kasaï et d’une tentative apparente pour dissimuler ou bloquer les enquêtes indépendantes sur plus de 42 fosses communes qui ont été récemment signalées. Il est aussi responsable des récentes arrestations d’activistes, de leaders et de partisans de l’opposition depuis qu’il est devenu ministre. Shadari a aussi une part de responsabilité dans la répression violente à l’encontre des membres du mouvement Bundu dia Mayala dans la province du Kongo Central et à Kinshasa en janvier et en février 2017, au cours de laquelle 20 personnes ont été tuées par les forces de sécurité, d’après les recherches de Human Rights Watch.

Étant l’un des principaux leaders du parti politique de Kabila, le PPRD, Shadary est aussi l’un des architectes du « glissement », à savoir de la prolongation de la présidence de Kabila au-delà de la limite des deux mandats permis par la constitution. Il a fait de nombreuses déclarations en 2015 et en 2016 pour expliquer que les élections n’auraient pas lieu avant la fin de l’année 2016 et pour soutenir un référendum sur la constitution afin de permettre à Kabila de rester au pouvoir. »

L’UE a imposé des sanctions à l’encontre de Shadari le 29 mai 2017.

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