Katumbi interdit de Congo, Mende en flagrant délit de mensonge

Katumbi interdit de Congo, Mende en flagrant délit de mensonge

Pour la seconde journée consécutive, Moïse Katumbi, ancien gouverneur du Katanga, a été empêché de pénétrer sur le territoire de la République démocratique du Congo alors qu’il tentait de passer par le poste frontière de Kasumbalesa entre la RDC et la Zambie.

Comme la veille, M. Katumbi, qui veut rentrer en RDC pour déposer sa candidature à l’élection présidentielle avant la date butoir du 8 août, n’a pu franchir la frontière.

« Le gouvernement zambien vient de signifier officiellement (à Moïse Katumbi) le refus des autorités de Kinshasa de le laisser franchir la frontière pour rentrer dans son pays », a expliqué dans un tweet Olivier Kamitatu, porte-parole et directeur de cabinet de Moïse Katumbi.

Mende en flagrant délit de mensonge

Une fois de plus, le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende a répondu à l’équipe de M. Katumbi en parlant de « mensonge et de manipulation ».

Souci pour Kinshasa, cette fois, le gouvernement zambien a confirmé que les autorités de la RDC ne voulaient pas voir rentrer M. Katumbi. Un officiel zambien a confirmé à l’agence Reuters que « les autorités congolaises avaient demandé aux services zambiens d’immigration de ne pas traiter les documents de M. Katumbi car ce dernier ne serait pas autorisé à entrer au Congo ».

Outre le flagrant délit de mensonge de M. Mende, cette communication de la Zambie démontre que Lusaka n’entend plus se taire dans ce dossier et tant pis s’il doit se brouiller avec son grand voisin.

Pour empêcher le seul M. Katumbi de rentrer au pays, les autorités congolaises n’hésitent pas à perdre plusieurs millions de dollars par jour. En effet, le poste frontière de Kasumbalesa est la principale porte de sortie des minerais du Haut-Katanga. Quotidiennement, en taxes diverses, ce sont plus de 20 millions de dollars qui rentrent dans les caisses de la RDC. En deux jours, pour empêcher un seul homme de rentrer chez lui (ce qui est évidemment contraire à la Constitution congolaises et aux lois internationales), les caisses du pays ont donc enregistré un trou avoisinant les 40 millions de dollars. Moïse Katumbi, ancien gouverneur du Katanga et opérateur économique, connaît parfaitement ses chiffres et a annoncé qu’il suspendait ses tentatives de rentrer par ce poste-frontière pour ne pas que « sa » région et sa population en paient les conséquences.

Problème régional 

En expliquant que les autorités de la RDC ne veulent pas du retour de Moïse Katumbi, les autorités zambiennes ont aussi fait sortir ce dossier du prisme congolo-congolais. La Zambie est un des neuf Etats qui a une frontière commune avec la RDC. Comme la plupart de ces Etats; il doit faire face depuis plusieurs mois à l’afflux de réfugiés congolais qui fuient les violences chez eux. Nul doute que la SADEC doit être particulièrement attentive à cette nouvelle crise qui mine la RDC et risque d’amener une fois de plus son lot de conséquence funeste pour toute la région. Moïse Katumbi a d’ailleurs annoncé par la voix de son porte-parole qu’i entendait saisir les instances régionales et internationales, « jusqu’à l’Onu ».

La « Kabilie » en interdisant le retour de M. Katumbi, viole sa Constitution, foule au pied l’Accord de la Saint-Sylvestre qui prévoit la fin des poursuites contre les opposants emblématiques, exporte ses soucis chez ses voisins et se moque, notamment, de la Cour des droits de l’Homme des Nations Unies qui lui avait demandé d’assurer le retour de M. Katumbi et de lui garantir sa sécurité pour qu’il puisse mener campagne en toute tranquilité.

A travers le cas de Moïse Katumbi, Kinshasa lance un vrai non seulement à toute la classe politique congolaise, mais aussi à toute la région et même à toute la communauté internationale.

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