RDC-Angola : Kabila rassure Lourenço, sans donner le nom du dauphin

RDC-Angola : Kabila rassure Lourenço, sans donner le nom du dauphin

Le tête à tête a bien eu lieu. Après quelques reports les présidents angolais Lourenço et congolais Kabila se sont enfin rencontrés ces 2 et 3 août à Luanda.

Pour cette rencontre, le président congolais, hors mandat, était accompagné d’une bonne poignée de ministres  « venus esquisser des projets pour l’avenir de nos relations », comme nous l’explique un responsable angolais. Une envie congolaise d’aller de l’avant qui a surpris les voisins angolais qui entendaient surtout y voir plus clair dans le jeu politique de Kinshasa, à une semaine de la clôture des incriptions des candidatures pour la présidentielle.

Vendredi soir, à la fin de cette visite, le président angolais s’est contenté de dire qu’il avait « reçu des garanties que le processus électoral se déroulera dans la normalité » en RDC.

Le ministre angolais des Affaires étrangères, Manuel Augusto, a dit avoir recommandé au président Kabila « le respect de la constitution ».
Si les Angolais se sont dit « rassurés », si le chef de la diplomatie s’est fendu de cette sortie, c’est, comme nous l’annoncions avant la visite, parce que Kabila a annoncé qu’il ne devrait pas se représenter pour un troisième mandat non autorisé par la Constitution congolaise. Joseph Kabila est sous la pression de ses voisins, notamment angolais et rwandais, qui ont joué un rôle important dans son installation au pouvoir. Non pas que M. Kabila se sente aujourd’hui redevable à ces pays mais il sait qu’il lui sera compliqué, si pas impossible, de demeurer au pouvoir  s’il s’isole encore un peu plus dans la région.
Le retour triomphal de Jean-Pierre Bemba, la mobilisation pour éviter le retour de Katumbi, démontrent, contrairement à ce qu’aime déclarer le régime congolais, que l’opposition a le vent en poupe et que le régime ne contrôle pas vraiment une situation qui pourrait dégénérer à tout instant.
Mercredi 8 août, sauf report, toujours possible, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) devrait annoncer la fin des inscriptions à la présidentielle. On saura alors qu’elle nom a été déposé pour représenter la majorité présidentielle.  Beaucoup, à Kinshasa, évoquent aujourd’hui le nom de Mme Kabila comme possible « dauphin ». Un choix qui aurait le double avantage de ne pas créer plus de dissensions entre les différents camps de la majorité et de garantir à l’actuel président de demeurer le vrai décideur.
Un double avantage pour autant d’inconvénients sur la scène internationale. La candidature de Mme Kabila, sans la moindre planche politique, ou de tout autre dauphin issu du sérail mais sans expérience électorale, serait ressentie comme une provocation de plus de la part d’une famille présidentielle qui semble transformer la RDC en monarchie inconstitutionnelle.

Que pensez-vous de cet article?

Derniers Articles

Journalistes

Dernières Vidéos