RDC: les médias congolais décrètent un embargo de 6 mois contre le ministre de la justice

RDC: les médias congolais décrètent un embargo de 6 mois contre le ministre de la justice

L’Union nationale de la presse du Congo a annoncé avoir imposé vendredi un embargo contre le ministre de la Justice, Alexis Thambwe, interdit de passer dans tous les médias en République démocratique du Congo après des propos jugés « offensants » envers des journalistes. La corporation a « décrété un embargo de six mois à partir de mardi (24 juillet) contre le ministre de la Justice Alexis Thambwe Mwamba », a déclaré Joseph Kasonga Tshilunde, président de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC).

Selon M. Tshilunde, le ministre Thambwe a traité lundi des journalistes congolais de « minables, misérables, des personnes qui écrivent n’importe quoi pour peu d’argent, 1.000 ou 1.500 dollars de Moïse Katumbi et continuent à lui accorder la parole ».

« Ces propos sont offensants, méprisants, irresponsables et irrespectueux », a-t-il tranché.

C’est pourquoi l’UNPC, en sa qualité de cadre fédérateur de tous les journalistes et organisations professionnelles des médias en RDC, avait exigé de M. Thambwe « le retrait, dans les 48 heures de ces propos ».

« N’ayant pas réservé une suite à notre lettre », pendant les six prochains mois, M. Thambwe « ne pourra passer ni intervenir dans aucun médias congolais à Kinshasa tout comme dans les différentes provinces du pays », a précisé M. Tshilunde.

« Une marche de protestation est projetée » contre le ministre de la justice dans les prochains jours ainsi que le dépôt d’un mémorandum auprès du Premier ministre, a encore indiqué le président de l’UNPC.

Cité par le ministre dans sa diatribe, M. Katumbi, ex-gouverneur du Katanga est un richissime homme d’affaires, passé en opposition en 2015. Candidat déclaré à la présidentielle prévue le 23 décembre en RDC, M. Katumbi vit en exil après sa condamnation à trois ans de prison en 2016 dans une affaire immobilière. Il est menacé d’arrestation dès son retour en RDC.

« Le ministre ne compte pas réagir » à cette décision a déclaré une source au ministère de la Justice selon laquelle il s’agit d’une « dramatisation: le ministre avait parlé de certains journalistes » et non de toute la corporation.

Le climat politique est tendu en RDC, à l’approche d’échéances potentiellement explosives en raison des élections prévues le 23 décembre 2018 qui doivent désigner le successeur du président Joseph Kabila.​

Que pensez-vous de cet article?

Derniers Articles

Journalistes

Dernières Vidéos