Le candidat Kabila devant le Congrès

Le candidat Kabila devant le Congrès

Cinquante minutes d’un discours taillé sur mesure pour un candidat à la présidentielle qui entend se représenter.

16h35, le président du Sénat Léon Kengo wa Dondo cède la parole au chef de l’Etat, hors mandat, Joseph Kabila.

17 h 25. Kabila quitte le pupitre sous les applaudissements de ses partisans en lançant une derrière provocation à l’attention de la comunuté internationale : « Si la traite négrière, les agressions (…) n’ont pas eu raison de ce pays, le Congo vivra à jamais comme une nation libre et comme un Etat souverain ».

En cinquante minutes, Kabila a dressé un bilan élogieux de ses…. 17 ans à la tête du pays. « Un pays exsangue que beaucoup donnaient pour mort au tournant du millénaire », dire-t-il en substance.

Mais dès son apparition sur la tribune, Kabila a donné le ton de son discours. « Pourquoi on sent une petite tension dans la salle ? », lance-t-il, tout sourire. Une fausse interrogation à laquelle il répond lui-même : « Je sais pourquoi il y a une certaine tension. On s’attend à ce que je dise ‘Mesdames et Messieurs, comprenez mon émotion », explique-t-il, rappelant la sortie de Mobutu annonçant la naissance du multipartisme. Et kabila de poursuivre : « Je ne le dirai pas. Je dirai plutôt, comprendez ma passion pour le Congo ».

Dès ce moment, le ton est donné. Kabila va dresser un bilan élogieux de son action.

Un catalogue de chiffres 

Il cite le retour à la paix, la réunification d’un pays, la croissance économique, le rebond sur la scène internationale « au point d’être devenu le centre de toutes les convoitises, des intrigues diplomatiques voire même des complots ». Là aussi le ton est donné, la RDC a réussi tout ce qu’elle a entrepris grâce à un homme et son équipe tout en devant se méfier de la planète entière, il évoquera à plusieurs reprises le combat incessant pour l’indépendance, la lutte pour la souveraineté et le refus de l’ingérence. Une position symbolisée par la décision de refuser toute aide financière pour le financement des élections à venir.

Kabila martelera son engagement à respecter la Constitution sans jamais se prononcer sur son avenir personnel.

Il affirmera encore « La RDC n’a jamais donné de leçon à personne et n’a pas à en recevoir, surtout pas de la part de ceux qui ont assassiné la démocratie ici et ailleurs« . Il évoquera les « Sanctions arbitraires et injustes »

Avant de revenir sur le refus du financement extérieur des élections. Un choix qui, selon lui, donnera sa « pleine légitimité à ceux et celles qui sortiront vainqueurs de cette consultation ».

Une fois de plus, ceux qui espéraient que Kabila annonce de quoi sera fait son avenir devront patienter jusqu’au 8 août.

Mais le ton et les mots choisis par le président pour ce discours nationaliste laissent penser que les tenants de la ligne jusqu’au boutiste ont toujours les clés de la présidence en RDC.

Le temps des dauphins ne semble pas de mise.

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