L’AfricaMuseum au Palais d’Egmont, un avant-goût du nouveau Musée Royal de l’Afrique

L’AfricaMuseum au Palais d’Egmont, un avant-goût du nouveau Musée Royal de l’Afrique

C’est dans la cour du Palais d’Egmont à Bruxelles mercredi matin, qu’une petite foule attendait patiemment l’arrivée de sa majesté la Reine de Belgique, pour l’inauguration de l’exposition « AfricaMuseum@EgmontPalace » à l’occasion de la fête nationale.

En présence de différents artistes dont Baloji, le musicien belgo-congolais, ou encore de Aimé Ntakiyica et de bien d’autres, sa majesté la Reine, accompagnée du vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères et européennes, Didier Reynders, a pris le temps de découvrir chaque œuvre dans le cadre idyllique du magnifique palais marbré d’Egmont.

Sa majesté la Reine de Belgique accueillie par plusieurs artistes de l’exposition sur les marches du palais d’Egmont à Bruxelles. Photo crédit: Constance Frère

Cette exposition n’est pas anodine. C’est la dernière exposition hors des murs du Musée Royal de l’Afrique centrale, qui réouvrira ses portes le 8 décembre 2018 après cinq ans de rénovation. Un musée dont les collections représentent quelques 10.000.000 spécimens zoologiques, 6.000 insectes, 1.000.000 de poissons, 200.000 échantillons de roches, 170.000 photos du Rwanda, du Burundi et de la RDC des 19e et 20e siècles, 650 films sur la RDC, le Rwanda et le Burundi réalisés entre 1940 et 1960, 120.000 objets ethnographiques, 80.000 échantillons de bois, 40.000 photos aériennes, 20.000 cartes géologiques, 17.000 minéraux, 8.000 instruments de musique, 3 Km d’archives.

Hall d’entrée du magnifique Palais d’Egmont.

Le palais d’Egmont a choisi de mettre en exergue vingt œuvres contemporaines d’artistes africains, qui permettent de lever le voile sur la nouvelle approche du musée rénové. Au rez-de-chaussée, parmi les tapisseries et les statues de marbre blanc, vous découvrirez l’œuvre de Aimé Ntakiyica, un autoportrait photographique du « Fils de l’homme » de Magritte. Une façon originale de s’approprier les œuvres et les codes artistiques européens. En face, vous pourrez apprécier la fameuse toile « Le chemin de l’exil » de Chéri Chérin, de son vrai nom Joseph Kinkonda, typiquement kinoise, qui traduit les allers-et-retours incessants des citadins entre les rives voisines de Kinshasa et de Brazzaville. En arrivant à la fin des impressionnants escaliers du palais, trône l’étrange œuvre de Maarten Vanden Eynde « Ils ont partagé le monde ». Une sorte d’immense roue de la fortune revisitée, dont les différents quartiers de tarte qui la constituent évoquent la répartition des ressources économiques et naturelles de l’Afrique à la Conférence de Berlin et à la conférence Internationale du Méridien de Greenwich. Une vieille cloche solitaire a pris place, elle aussi, dans le palais d’Egmont. Cette cloche de bronze, trouvée dans le Congo Central en 1604, symbolise pour Eric Kabongo, la sonnette d’alarme. On peut y lire en légende : « À l’église, elle annonce le temps de la prière ; j’aimerais qu’une grande cloche annonce au monde qu’il est temps que le Congo vive en paix, qu’il est temps que le peuple congolais se réveille et qu’il prenne son destin en mains, qu’il est temps pour le Congo d’aller de l’avant… » .

Autoportrait photographique du « Fils de l’homme » de Magritte revisité par Aimé Ntakiyica.

Pour clôturer cet évènement, accompagné par les mélodies du chanteur Baloji, Didier Reynders prit la parole pour souligner l’importance des liens qui unissent la Belgique et l’Afrique centrale : « Ce temple de la diplomatie » qu’est le palais d’Egmont permettra de « mettre en exergue ce qui nous unit à l’Afrique Centrale ».

Le chanteur belgo-congolais, Baloji, à l’occasion de l’inauguration de l’exposition AfricaMuseum@EgmontPalace au Palais d’Egmont. Photo crédit: Constance Frère

Les œuvres interrogent les rapports entre l’Afrique et l’Occident. L’ensemble, où se mêlent œuvres, masques et lion empaillé se présente comme une sorte de vitrine du musée Royal de l’Afrique centrale rénové, avec un regard plus critique sur la colonisation.

Infos: le Palais d’Egmont, à l’occasion de la fête nationale, ouvrira au public l’exposition qui sera accessible gratuitement du 21 juillet au 31 août. ​

Constance Frère

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