RDC: les défenseurs des droits de l’Homme inquiets après une nomination dans l’armée

RDC: les défenseurs des droits de l’Homme inquiets après une nomination dans l’armée

Les défenseurs des droits de l’Homme se sont inquiétés mardi de la nomination de l’ancien chef de la police à un poste de haut rang au sein de l’armée, à quelques mois d’échéances électorales explosives en République démocratique du Congo. Le président Joseph Kabila a récemment procédé à une série de nominations au sein de l’armée.

Le général John Numbi, ancien chef de la police congolaise, a ainsi été nommé Inspecteur général de l’armée, ce qui représente « une menace contre les défenseurs des droits humains en RD Congo », a écrit l’ONG congolaise la Voix des sans voix (VSV) dans un communiqué.

« La déception et les inquiétudes de la VSV sont grandes », car John Numbi « est toujours considéré par les défenseurs des droits de l’Homme comme le suspect numéro un » dans l’assassinat de Floribert Chebeya et la disparition de Fidèle Bazana en 2010.

« La VSV exige que le chef de l’État relève » l’officier de ses nouvelles fonctions.

Fondateur de la VSV, devenu au fil des ans très critique vis-à-vis du pouvoir du président Kabila, Floribert Chebeya avait été retrouvé mort dans sa voiture le 2 juin 2010, dans la périphérie de Kinshasa.

La veille au soir, il s’était rendu au siège de la police après avoir été convoqué pour y rencontrer son chef, le général John Numbi.

Son chauffeur, Fidèle Bazana, avait disparu le même soir, après l’avoir accompagné à ce rendez-vous. Son corps n’a jamais été retrouvé, et la justice a conclu en première instance qu’il avait été assassiné, tout comme Floribert Chebeya.

Suspendu de ses fonctions peu après l’assassinat, M. Numbi qui a toujours nié avoir fixé ce rendez-vous, n’a jamais fait l’objet d’une enquête. Il a été élevé à un titre honorifique par M. Kabila en 2017.

La nomination de M. Numbi « frise une prime à l’impunité de la violation des droits des défenseurs des droits humains en RD Congo » et constitue « un motif réel d’inquiétudes pour ces derniers au regard du contexte socio-politique » actuel, écrit la VSV.

Des élections générales sont prévues le 23 décembre 2018, dont la présidentielle censée élire le successeur de M. Kabila, dont le mandat à la tête de l’État s’est achevé fin 2016. La Constitution lui interdit de se représenter, mais ses détracteurs l’accusent de vouloir tout faire pour s’accrocher au pouvoir.

Les nomination de John Numbi et d’un autre officier, Gabriel Amisi, tous deux visés par des sanctions américaines, « accentuent les craintes de nouvelles vagues de répression et d’atteintes aux droits humains dans les semaines à venir », s’est aussi inquiété la directrice Afrique de Human Rights Watch, Ida Sawyer.​

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