RDC : remaniement militaire, le retour des faucons

RDC : remaniement militaire, le retour des faucons

A moins de six mois des élections du 23 décembre et à 25 jours de la cloture des candidatures à la présidentielle, le président hors mandat Joseph Kabila restructure son appareil militaire.

Joseph Kabila a procédé samedi 14 juillet à une vaste redistribution des cartes à la tête de l’armée congolaise. Le fait le plus marquant dans cette dizaine d’ordonnances présidentielles est le rappel du général John Numbi, nommé inspecteur général des FARDC.

Ancien chef de la police nationale congolaise (PNC), le général Numbi est considéré par des défenseurs des droits de l’homme comme le suspect numéro un dans l’assassinat en juin 2010 du militant Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana. Il avait été suspendu de ses fonctions puis admis l’an dernier à titre honorifique dans l’ordre national « héros nationaux Kabila-Lumumba » au titre de grand officier, avant d’être réhabilité et reversé dans l’armée, son corps d’origine. Les premiers signes d’un retour au premier plan qui se confirme aujourd’hui.

Sa nomination intervient alors que l’affaire Chebeya doit être examinée par la justice à Dakar. C’est en effet au Sénégal où il est exilé qu’un ex-officier supérieur de la police nationale congolaise, Paul Mwilambwe, cité dans le dossier Chebeya, s’est présenté volontairement devant la justice. Mwilambwe continue d’affirmer que l’ordre d’exécuter les deux activistes de La Voix des sans voix a été donné par le général John Numbi, à l’époque numéro un de la police nationale congolaise.

Né en 1962 dans le Haut Lomami, John Numbi est issu de la même tribu que Laurent Désiré Kabila. La rencontre entre ces deux hommes remonte à 1989. Huit ans plus tard, quand Kabila prend le pouvoir, il nomme Numbi à la sécurité de la ville de Kinshasa au sein des Forces armées congolaises. Toujours proche de la famille Kabila, Numbi sera ensuite nommé inspecteur général de la Police nationale congolaise en 2007.

De son côté, le général Gabriel Amisi, alias Tango Four, est promu numéro deux des FARDC dont il devient le chef d’État-major adjoint chargé des opérations et du renseignement.
Les généraux Numbi et Amisi font l’objet de sanctions aux Etats-Unis et dans l’Union européenne.
Des sanctions mais tout le monde reste à bord

Le chef d’État-major, le général Didier Etumba est remplacé lui par le lieutenant général Mbala Munsense Célestin.

Le général Didier Etumba, un ancien de l’Ecole royale militaire, est envoyé à la retraite… tout en étant nommé conseiller militaire du chef de l’État en remplacement de François Olenga. Ce dernier, lui aussi ciblé par des sanctions internationales, reste au cabinet du Président de la république où il est désormais chargé de missions. Bref, on sanctionne mais comme on ne veut se faire d’ennemis dans les rangs des potentats militaires, on recase tout le monde pour les garder sous la main et sous contrôle.

Célestin Mbala, lui, a longtemps occupé les fonctions de chef d’État-major particulier du chef de l’État. Des fonctions qu’il a continué à cumuler avec celles de chef d’État-major de l’administration militaire avant la restructuration de l’armée en 2014. Après cette opération, Mbala a été  dégradé au poste de numéro deux de l’État-major général chargé de l’administration… jusqu’à ce samedi 14 juillet.

Kabila resserre les rangs, redistribue les postes au sein de son proche entourage et veille à ne froisser personne. Une réorganisation à la veille d’échéances importantes qui ne vont pas faciliter les relations internationales du pays. Pas certain que c’étaient les annonces que disait attendre la semaine dernière le Secrétaire général des Nations Unies, M. Guterres, prié, une fois de plus, de ne pas venir à Kinshasa.

Que pensez-vous de cet article?

Derniers Articles

Journalistes

Dernières Vidéos