Guinée-Bissau: les fonctionnaires maintiennent la pression pour une hausse du salaire minimum

 Guinée-Bissau: les fonctionnaires maintiennent la pression pour une hausse du salaire minimum

Les fonctionnaires de Guinée-Bissau ont marché mercredi dans la capitale Bissau pour exiger du gouvernement une hausse du salaire minimum et de meilleures conditions de vie, a constaté un journaliste de l’AFP.

La marche a réuni environ un millier de personnes, à l’appel de l’UNTG, la centrale la plus représentative dans la fonction publique, avec 8.000 membres sur quelque 13.000 fonctionnaires.

De la périphérie de Bissau au centre-ville, les manifestants ont scandé notamment: « à bas les députés payés pour ne rien faire » ou « nous exigeons des salaires dignes et de meilleures conditions ».

« Il est inacceptable que le gouvernement augmente les salaires des ministres et députés alors que les autres serviteurs de l’Etat traînent des salaires de misère », a déclaré le secrétaire général de l’UNTG, Julio Antonio Mendoça.

Les salaires des députés sont passés de 650.000 francs CFA à 850.000 francs CFA (d’environ 990 à 1.295 euros) fin mai, selon des sources parlementaires, qui ont également fait état d’une dotation d’un véhicule 4X4 à chacun des 102 législateurs. Une augmentation salariale des ministres n’a pas été officiellement confirmée.

L’UNTG réclame un relèvement du salaire minimum de 19.200 francs CFA (environ 29 euros) à 59.000 francs CFA (près de 90 euros) et de meilleures conditions de travail,

« Nous allons continuer notre revendication jusqu’à avoir gain de cause », a ajouté M. Mendoça.

Pour obtenir satisfaction, l’UNTG a organisé depuis un mois et demi cinq mouvements de protestation, dont une grève de trois jours du 26 au 28 juin.

« Les revendications des agents de l’Etat sont justes mais la méthode utilisée (…) n’est pas appropriée car ce gouvernement n’a pas les moyens de prendre en charge leurs revendications. Il a été formé pour organiser des élections et expédier les affaires courantes », a affirmé à la presse le Premier ministre, Aritides Gomes, la semaine dernière.

La Guinée-Bissau a traversé des turbulences politiques depuis la destitution en août 2015 par le président, José Mario Vaz, de son Premier ministre, Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), auquel M. Vaz appartient également.

Un nouvel accord de sortie de crise a été conclu au sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cédéao) le 14 avril à Lomé.

Cet accord a abouti à la désignation d’un Premier ministre de consensus, chargé de conduire le pays aux législatives le 18 novembre et à la reprise des travaux du Parlement, qui s’est réuni le 19 avril pour la première fois en deux ans.​

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