Enquête pour corruption: Glencore crée un comité en réponse à l’enquête américaine

Enquête pour corruption: Glencore crée un comité en réponse à l’enquête américaine

Le géant suisse du négoce des matières premières Glencore a annoncé mercredi la mise en place d’un comité en réponse à une assignation de la justice américaine dans le cadre d’une vaste enquête pour corruption au Nigeria, au Venezuela et en République démocratique du Congo (RDC).

Le comité inclut son président, le Britannique Tony Hayward, l’ancien patron du groupe pétrolier British Petroleum (BP), ainsi que Leonhard Fischer et Patrice Merrin, deux autres membres du conseil d’administration, a indiqué le groupe dans un communiqué.

« L’entreprise va coopérer avec le Département de la Justice (DoJ) », a déclaré Tony Hayward, cité dans le communiqué.

Début juillet, le groupe basé à Baar, dans le canton suisse de Zoug, a reçu une assignation du département américain de la Justice exigeant qu’il fournisse des documents et autres enregistrements en application de la loi sur les Pratiques de corruption à l’étranger et des règles de blanchiment d’argent.

Les documents demandés sont liés aux activités commerciales de Glencore au Nigeria, en République démocratique du Congo et au Venezuela pour la période allant de 2007 à aujourd’hui.

L’action du groupe avait été fortement chahutée suite à cette annonce. Dans les jours suivants, Glencore a dévoilé les détails d’un vaste rachat d’actions, voté en mars lors de l’assemblée générale, ce qui a contribué à stabiliser le cours.

Le groupe, actif à la fois dans l’extraction minière et le négoce des matières premières telles que le cuivre, le zinc ou le pétrole, est basé en Suisse mais est coté à la Bourse de Londres.

Les activités de Glencore en République démocratique du Congo ont été mises en cause à plusieurs reprises.

Elles avaient notamment été citées dans les Paradise Papers, l’enquête menée par le consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).

En décembre 2017, l’ONG suisse Public Eye avait de son côté déposé une dénonciation pénale auprès du ministère public de la Confédération suisse concernant les activités de Glencore dans le pays, appelant le procureur à ouvrir une enquête pour déterminer si le groupe « a failli, en tant que société, à prévenir des comportements illicites ».

En mai dernier, Bloomberg avait également révélé que le groupe pourrait faire l’objet d’une enquête au Royaume-Uni pour des faits présumés de corruption en RDC.

Mi-juin, Glencore avait annoncé qu’il avait trouvé un accord pour régler un litige avec deux sociétés dans le pays affiliées à son ancien partenaire d’affaires, le milliardaire israélien Dan Gertler, dans le collimateur des autorités américaines.

Gertler est visé depuis décembre 2017 par des sanctions imposées par le Trésor américain qui a mis en cause son amitié avec le président congolais Joseph Kabila, qui lui a permis d’amasser une vaste fortune par le biais de transactions « opaques et corrompues ».

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