RDC: l’ONU envoie une mission de suivi sur les violences au Kasaï

RDC: l’ONU envoie une mission de suivi sur les violences au Kasaï

L’ONU ne prolongera pas le mandat de l’équipe d’enquêteurs sur les abus au Kasaï, dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC), mais le Conseil des droits de l’homme a approuvé vendredi à Genève le principe d’une mission de suivi de deux spécialistes pour évaluer l’action du gouvernement après les crimes contre l’humanité dénoncés. La Suisse avait appelé à la prolongation de l’Equipe d’experts internationaux (EEI) nommés par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme. Mais ceux-ci ont estimé que leur mandat devait être élargi à l’ensemble de la RDC.

Dans sa résolution, le Conseil condamne éavec la plus grande fermeté » toutes les violences, notamment ethniques, perpétrées aussi bien par l’armée que les milices Kamuina Nsapu et Bana Mura (progouvernementales) depuis deux ans au Kasaï. Il cible aussi les violations dont ont été victimes les enfants.

Dans son rapport publié récemment, l’EEI avait estimé que plusieurs milliers de personnes, dont de nombreux enfants, avaient été tuées. Une situation qui « ne reflète qu’une petite partie des actes et crimes » perpétrés.

Selon l’ONU, les affrontements auraient fait plus de 3.000 morts dans cette région et près d’1,5 million de déplacés. Les violences avaient démarré après l’assassinat d’un chef de la milice Kamuina Nsapu par les militaires.

Tant l’armée congolaise que ce groupe et les milices des Bana Mura ont été responsables des crimes contre l’humanité de meurtres, violences sexuelles, persécutions ou encore actes inhumains, selon les trois spécialistes. Les militaires et les Kamuina Nsapu ont aussi mené des crimes de guerre. Auxquels s’ajoutent des pillages, le recours aux enfants ou des assauts contre des centres de santé.

Les enquêteurs visaient l' »impunité ». Les deux personnes qui constitueront la mission de suivi adoptée vendredi devront évaluer les efforts sur cette question. Le prochain Haut commissaire aux droits de l’homme devra publier un rapport dans un an avec leurs recommandations.

L’EEI avait également demandé au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, de « suivre de près » les investigations congolaises sur le décès de deux experts onusiens, l’Américain Michael Sharp et la Suédo-chilienne Zaida Catalan, tués après avoir été enlevés avec leurs accompagnateurs.​

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