Cameroun: 18 anglophones « torturés » en prison, selon un avocat

Cameroun: 18 anglophones « torturés » en prison, selon un avocat

Dix-huit anglophones du Cameroun écroués à Yaoundé ont été « brutalement torturés », a dénoncé mercredi un avocat camerounais défenseur des droits de l’homme.

Les 18 détenus anglophones, transférés de Buea, chef-lieu de la région anglophone du Sud-Ouest, à Kondengui, principal prison de Yaoundé, y « ont été maintenus (avec) des chaînes serrées et ont été brutalement torturés (dans la nuit de lundi à mardi) par des gardiens de prison », a affirmé Me Felix Agbor Nkongho sur les réseaux sociaux.

L’avocat, directeur de l’ONG Centre pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique, a été un des leaders de la contestation anglophone, fin 2016. Arrêté mi-2017, il a été libéré en septembre par décret présidentiel.

Les traitements infligés à ces dix-huit détenus ont provoqué un mouvement de protestation d’autres prisonniers anglophones, selon l’avocat.

Il a regretté que la torture soit « un mode de traitement répété sur les (Camerounais des zones anglophones) et les séparatistes présumés », s’offusquant de ce qu' »aucun de leurs droits n’est respecté ».

Au Cameroun, les actes de torture dans les commissariats, gendarmeries ou au sein des prisons sont fréquents, visant aussi bien les francophones que les anglophones, selon des organisations de défense des droits de l’homme.

Depuis fin 2016, les anglophones dénoncent ouvertement leur marginalisation, l’injustice dont ils se disent victimes en particulier dans le système éducatif et administratif, l’absence d’industries dans leur régions, le chômage, le tribalisme et la corruption.

Dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, la crise s’est muée en conflit armé fin 2017. Les combats y sont devenus aujourd’hui quasi-quotidiens entre les forces de sécurité camerounaises et des hommes armés se réclamant de « forces de restauration » d’un Etat anglophone qui avait brièvement vu le jour entre les deux guerres mondiales, sous mandat britannique.

Selon le gouvernement, plus de 80 membres des forces de sécurité ont été tués dans ces combats. Aucun bilan du côté séparatiste n’est disponible.

Quelque 160.000 personnes ont dû fuir leur logement à la suite des violences, selon l’ONU, et 34.000 se sont réfugiées au Nigeria, selon l’agence nigériane de gestion des urgences (Sema).​

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