RDC : Katumbi tient son cabinet pour les élections du 23 décembre

RDC : Katumbi tient son cabinet pour les élections du 23 décembre

Il y a trois mois, à la faveur de la sortie de sa plateforme politique ENSEMBLE, Moïse Katumbi présentait son programme politique articulé autour de quatre grands axes de développement.

Le weekend dernier, l’ancien gouverneur du Katanga a peaufiné les derniers ajustements des listes des candidats députés provinciaux qui seront présentés par les regroupements politiques de sa plateforme. Dans toutes les 201 circonscriptions du pays, plusieurs listes des candidats d’ENSEMBLE seront en compétition avec celles de la Majorité.

Dans un communiqué, le candidat à la présidence annonçait qu’il restait en phase avec les exigences posées par l’Opposition concernant notamment le refus de la machine à voter imposée par la CENI et le nettoyage du fichier électoral qui comporte, selon les experts de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), près de 16% d’électeurs fictifs ou mal identifiés. « Pas de naïveté excessive ni de boycott, mais une ferme volonté d’en découdre avec le pouvoir si rien n’est fait pour assurer des élections crédibles, transparentes et inclusives », explique le porte-parole de Moïse katumbi, Olivier Kamitatu..

Par ailleurs, la décision de la Cour Suprême de Justice qui s’est déclarée non saisie et a reporté l’audience à début octobre dans le dossier des présumés mercenaires pour lequel plusieurs collaborateurs de Moïse Katumbi croupissent depuis deux ans en prison a conforté la position de l’ancien gouverneur. Les Evêques de la CENCO avaient qualifié ce dossier des mercenaires, tout comme l’affaire de spoliation immobilière qui vaut une condamnation à trois ans de prison au principal opposant à Joseph Kabila, de farces judiciaires montées de toutes pièces pour briser les ambitions de Moïse Katumbi.

Aujourd’hui, plus rien ne devrait s’opposer au retour de l’homme d’affaires katangais dans son pays. D’autant que les dispositions de l’Accord de la Saint Sylvestre appellent le gouvernement à libérer les prisonniers politiques, à cesser les poursuites judiciaires non fondées contre les opposants et à permettre le retour des exilés politiques.

Dans ce contexte, la publication par le bureau de Moïse Katumbi de son cabinet politique s’inscrit dans la logique des préparatifs de la campagne électorale qui devrait aboutir en décembre prochain à la première alternance démocratique à la tête de la RDCongo depuis son accession à l’indépendance en 1960.

Sans surprise, Katumbi a confirmé au poste de Conseiller spécial et politique, Salomon Idi Della Kalonda. Homme de confiance de Moïse Katumbi, ce quadragénaire originaire du Maniema est connu pour sa discrétion et son efficacité. Ce fidèle parmi les fidèles qui jusqu’à présent était étroitement associé à la gestion du TP Mazembe, entre aujourd’hui de plain-pied dans l’arène en dirigeant une formation politique, le PND, qui présente des candidats dans toutes les circonscriptions du pays.

A la tête du cabinet, Moïse Katumbi joue donc sur la complémentarité entre deux profils, l’ancien président de l’Assemblée Nationale et ministre à plusieurs reprises, Olivier Kamitatu, fin diplomate et habile manœuvrier politique dont l’ancrage avéré dans le Kwilu est une carte importante, et Salomon Della Kalonda, un homme discret, efficace, au caractère bien trempé qui a ses entrées au Katanga et dans le grand Kivu.

Au sein de ce cabinet, Moise Katumbi a fait le choix de placer de nombreuses nouvelles figures en politique. Parmi lesquelles Jean-Jacques Wondo, ancien de l’Ecole Royale Militaire belge, chercheur et analyste. .

Dans le domaine de la justice, des droits de l’homme et des réformes institutionnelles, un trio se détache. Timothée Mbuya, activiste des droits de l’homme, a déjà goûté aux geôles du régime du président hors mandat Joseph Kabila. Sa désignation ainsi que celle de Frédéric Bola et d’Oscar Rashidi confirment l’importance que revêt la question de la défense des droits et libertés ainsi que des réformes aux yeux du candidat Katumbi, qui a vécu et vit de près les tracasseries du régime actuel.

En mettant en exergue 23 femmes parmi les 46 membres de son cabinet, Katumbi est aussi le premier leader congolais à assurer une parité parfaite. Et pas question de ne laisser que des miettes à ces dames, comme le démontre la désignation de la princesse Dominique Munongo, de lignée royale, ancienne maire de Likasi, au poste stratégique des relations extérieures. Il en va de même du choix de Mme Anne-Emilie Poto, la petite sœur de la Première Dame du Congo Brazzaville, dont la famille est particulièrement connue et appréciée à Kinshasa. C’est aussi à une femme que Moise Katumbi a choisi d’accorder sa confiance dans le secteur des mines et des hydrocarbures, Mme Madiya Mwamba. Spécialiste du droit des affaires.

Au niveau de la communication et des réseaux sociaux, domaine par excellence où le candidat a une longueur d’avance sur ses possibles adversaires, Moise Katumbi a placé sa confiance dans un jeune communicant français, François Hurstel, bien introduit à Paris, et Michael Tshibangu, un jeune congolais qui sera chargé de la coordination de communicateurs qui monopolisent la toile et les réseaux.

Sur le plan économique et financier, Mr. Yemba Ponyo, professeur d’université aux Etats Unis, ancien co-rédacteur du DSRP vient judicieusement compléter l’équipe qui a travaillé pendant deux ans à Kinshasa à l’élaboration du programme du candidat. Yemba apporte toute son expertise pour le cadrage macro-économique et la mise en œuvre de ce programme.

De nombreux jeunes issus de toutes les provinces font leur apparition dans ce cabinet. Katumbi semble attaché au renouvellement bien nécessaire de la classe politique en plaçant sa confiance dans des figures choisies dans toutes les provinces. On notera la présence de Patrick Mundeke, Abel Amundala, Joly Kamuntu qui sont du Kivu, Mme Lifaefi de la Province Orientale, Milly Mumba du Katanga, ou encore Nelly Tshimin, Gabriele Bope, Patricia Fotto. Toutes ces personnalités sont pour la plupart issues de la société civile ou font leur tout premier pas sur le devant de la scène politique.

Parmi les politiques précisément, on notera la présence de Gilbert Yav, ancien gouverneur du Katanga, Jean Marie Dikanga Kazadi, ancien ministre provincial, Juvénal Kitungwa, député national, Olivier Endundo, député National, Charole Cime, ancienne bourgmestre, et Mme Soki Fwani Eyenga, ancienne ministre et élue. Le cabinet s’appuie donc sur des hommes et des femmes d’expérience en faisant la part belle aux nouveaux talents politiques.

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