« Stop à l’acharnement contre Katumbi » : la lettre à Kabila des députés et sénateurs

« Stop à l’acharnement contre Katumbi » : la lettre à Kabila des députés et sénateurs

Des députés et des sénateurs congolais ont envoyé une lettre ouverte au président congolais hors mandat Joseph Kabila.

Un courrier, déjà signé par 50 élus, dont certains de la majorité présidentielle (« et d’autres signatures arrivent encore », explique un des premiers signataires), fait sensation à Kinshasa. Des députés et des sénateurs ont décidé de dire stop à ce qui ressemble fort à de l’acharnement de la part du pouvoir en place contre un seul homme : Moïse Katumbi Chapwe, candidat déclaré à la présidentielle et principal favori pour la course à l’investiture.

La raison de cette lettre ouverte : le fait que la Cour Suprême de Justice soit chargée de juger Moïse Katumbi dans un dossier d’atteinte à la surêté intérieure et extérieure de l’Etat, notamment, pour le recrutement de mercenaires. Le renvoi devant la Cour Suprême de Justice est une aberration constitutionnelle selon les signataires de ce courrier. En toute logique, en effet, Moïse Katumbi, n’étant plus gouverneur et ne pouvant se prévaloir d’aucun privilège de juridiction, devait être renvoyer devant le tribunal de grande instance de Lubumbashi, comme le prévoit la Constitution congolaise.

Le PGR en première ligne

Mais ça, ce serait la démarche logique sans l’intervention du Procureur général de la République très motivé lorsqu’il s’agit du citoyen Katumbi. Comme le rappelle le courrier, le même PGR est en effet à la base d’une nouvelle enquête lancée à grands renforts de publicité contre le même Katumbi après que ce dernier ait été arrêté à Bruxelles avec un passeport invalide.

Les sénateurs et députés en appellent donc à la « sagesse » du garant de la Constitution, le président de la République. Après avoir relevé les « manipulations » du procureur général de la République, députés et sénateurs demandent à Joseph Kabila de faire respecter la Constitution et de cesser cet acharnement contre Moïse Katumbi. Ils rappellent encore, au passage, que suite à l’Accord de la Saint Sylvestre, les évêques congolais ont été appelés à étudier et à enquêter sur les deux dossiers pour lesquels Moïse Katumbi était poursuivi : à savoir le dossier de spoliation d’un bien immobilier et celui du recrutement de mercenaires. Les évêques, après avoir entendu les principaux protagonistes, étaient arrivés à la conclusion que ces deux dossiers étaient des « mascarades » et avaient donc demandé que les poursuites soient abandonnées contre Moïse Katumbi.

Les démarches du procureur empêchent donc le respect de l’Accord de la Saint-Sylvestre pourtant à la base de toute l’architecture qui doit mener aujourd’hui à la tenue des élections le 23 décembre prochain.

Députés et sénateurs invitent donc Joseph Kabila à faire cesser toutes ces entraves contre Moïse Katumbi et à lui permettre de rentrer en homme libre en RDC pour se présenter à l’élection du 23 décembre.

« Ni la haine contre les adversaires politiques, ni l’ambition personnelle, ni la soif du pouvoir
ne peuvent autoriser en démocratie et dans un Etat de droit l’acharnement judiciaire des gouvernants contre un citoyen et l’instrumentalisation des institutions de l’Etat, en particulier la justice, pour régler les comptes aux advesraires politiques », écrivent les signataires, qui n’hésitent pas à ajouter, notamment (lire le courrier ci-dessous) : « Il est difficile de croire à la sincérité de vos déclarations sur la tenue des élections démocratiques à la date du 23 décembre 2018 tant que l’Accord de la Saint-Sylvestre n’est pas appliqué correctement… ».

Lire l’intégrale de la Lettre Ouverte au Président Kabila

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