RDC: Gertler attaque Glencore

RDC: Gertler attaque Glencore

Par Marie-France Cros.

Le feuilleton minier congolais continue: après la Gécamines, c’est l’Israélien Dan Gertler – frappé de sanctions économiques par les Etats-Unis – qui s’en prend au géant minier suisse Glencore. Il a obtenu de la justice congolaise un gel d’avoirs de cette société en République démocratique du Congo.

Le 20 avril dernier, la société publique congolaise Gécamines a lancé une procédure en dissolution de Kamoto Copper Company (KCC), co-entreprise qu’elle possède avec Katanga Mining, qui appartient à Glencore. Elle reproche à celle-ci d’avoir éludé le paiement de dividendes que l’entreprise suisse devait à la congolaise ainsi que l’impôt sur le bénéfice dû à l’Etat congolais. La Gécamines n’a cependant pas expliqué pourquoi elle réagissait maintenant, alors que cela fait dix ans que la situation qu’elle dénonce existe. Le tribunal de commerce de Kolwezi doit examiner cette demande le 8 mai.

Selon Bloomberg, le tribunal de commerce de Kolwezi a autorisé le gel d’avoirs de Glencore, sur demande de Dan Gertler. Ce dernier était un partenaire de Glencore et de la Gécamines dans KCC jusqu’à l’an dernier, ainsi que dans Mutanda Mining. Dan Gertler – un proche du président hors mandat Joseph Kabila – a revendu ses parts à Glencore dans ces deux compagnies pour près d’un milliard de dollars.

Mais Glencore lui doit encore des royalties – ce qui embarrasse la compagnie suisse puisque Gertler est, depuis décembre 2017, la cibles de sanctions du département américain du Trésor, visant des personnes impliquées dans la corruption à grande échelle et des violations des droits de l’homme: fort de son amitié avec Joseph Kabila, l’homme d’affaires a acheté à très bas prix des actifs miniers congolais pour les revendre bien plus cher, privant au passage l’Etat congolais d’importantes ressources. Ces sanctions américaines empêchent quiconque de faire des affaires en dollars avec Gertler, sous peine d’être à son tour sanctionné. La compagnie suisse aurait donc cessé ses paiements à l’Israélien.

Ce dernier, à travers ses sociétés Ventora Development et Africa Horizons Investments Ltd (AHIL), réclame aujourd’hui  695 millions de dollars à Mutanda Mining et 2,28 milliards de dollars à KCC, l’entreprise que la Gécamines veut dissoudre. Glencore conteste les montants réclamés et la démarche elle-même.

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